Apprendre est un mot rempli de promesses. À lui seul, il ouvre la porte sur un univers de connaissances tantôt théoriques, tantôt pratiques, essentielles au développement individuel, mais aussi collectif.

Publié le 13 juin
Marie Grégoire et Frédéric Bouchard Respectivement présidente-directrice générale et président du conseil d’administration de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), et trois autres signataires*

De la petite enfance jusqu’à la fin de la vie, l’apprentissage fait office de trait d’union entre l’humain et son environnement, un environnement qui se déploie au-delà du cadre scolaire. Quand notre secteur d’emploi passe à l’automatisation.

Quand, au détour d’une pandémie, il nous faut assimiler rapidement de nouveaux concepts et faire montre d’adaptabilité. Quand la désinformation frappe. Quand il faut faire respecter ses droits. Apprendre est un mécanisme de défense. Une façon d’être, de penser, de réagir, de créer.

La capacité d’une société à générer et à entretenir cet état d’esprit chez ses citoyens et ses citoyennes est gage de créativité et d’innovation, deux qualités souvent attribuées aux Québécois.

Le fait d’apprendre toute la vie est-il inscrit dans notre ADN collectif ? Peut-on faire plus ? Mieux ?

Pour Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), la réponse à cette question est sans équivoque. Non seulement le Québec peut faire mieux, mais il doit faire mieux.

Aux côtés de ses partenaires des milieux documentaires, BAnQ considère d’ailleurs avoir un rôle de premier plan à jouer en matière de démocratisation du savoir.

Par l’entremise de ses collections et de ses fonds, des activités qu’elle propose ou encore des espaces et des équipements qu’elle met à la disposition de la population, elle souhaite contribuer à l’épanouissement tant culturel et social qu’économique de tous les Québécois et de toutes les Québécoises, et travailler ainsi à bâtir une société où apprendre tôt est valorisé.

Une société où la curiosité et l’esprit critique sont encouragés, où le débat respectueux est enseigné, et où le passage sur les bancs d’école signifie d’abord et avant tout apprendre à faire face aux enjeux complexes qu’impose un monde en perpétuelle mouvance.

Une société où l’on apprend toute la vie, tantôt au contact d’un aîné qui partage un savoir ancestral, tantôt grâce au soutien de son employeur, ou encore de manière autonome. Une société où vieillir est encore synonyme d’exploration et de contribution.

Une société où la somme des possibles a pour seule limite l’audace dont nous saurons faire preuve.

Le chantier est immense. Pour qu’il puisse être mené à bien, la contribution de tous est essentielle : intervenants du monde de la petite enfance, des milieux scolaires, culturels et autochtones, politiques, communautaires et économiques.

À l’initiative de BAnQ, le 15 juin prochain, des représentants de ces divers milieux prendront part à une journée de réflexion sur la société apprenante. Sous le titre « L’audace des possibles – Une journée pour un Québec apprenant », l’événement se veut une invitation à jeter les bases d’une vision et d’une action concertées, capables de soutenir l’apprentissage toute la vie durant.

À titre d’observateurs issus des différents milieux mobilisés, nous prendrons note des échanges que provoquera la mise en commun des points de vue et tenterons d’en dégager l’essentiel.

Quelque chose, espérons-le, comme la promesse de faire du Québec une référence en matière de développement du savoir. Quelque chose comme une promesse d’avenir.

Faisons preuve d’audace.

Travaillons dès maintenant à la consolidation d’un Québec apprenant pour tous !

* Cosignataires : Mia Homsy, directrice générale de l’Institut du Québec ; Régine Laurent, analyste politique et présidente de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse ; Kim O’Bomsawin, sociologue, cinéaste et présidente de Terre Innue

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