En cette Journée internationale des droits des femmes, chercheurs, groupes de femmes, groupes de santé, groupes de quartier et citoyens de toutes origines, unissons nos voix pour dire que nous en avons assez de la contamination par des substances toxiques de l’air que nous respirons – à l’intérieur comme à l’extérieur –, des meubles et certains revêtements intérieurs, que ce soit à la maison ou au bureau, de nos vêtements et de nos aliments ainsi que de nos produits de soins personnels.

Publié le 8 mars
Jennifer Beeman et Lise Parent Respectivement directrice générale et vice-présidente, Action cancer du sein du Québec*

Pour freiner cette contamination, voire y mettre fin, la Loi canadienne sur la protection de l’environnement, qui réglemente les substances toxiques, doit être réformée. Ainsi, nous accueillons favorablement le fait que le gouvernement ait déposé le projet de loi S-5, Loi sur le renforcement de la protection de l’environnement pour un Canada en santé. Toutefois, dans sa forme actuelle, le projet de loi S-5 doit être considérablement renforcé afin de protéger les Canadiens contre les préjudices posés par les substances toxiques au XXIe siècle.

Le public manque d’information sur les ingrédients et les matériaux qui composent les biens de consommation et sur leurs effets sur la santé. Il est vrai que le problème fait parfois les manchettes, comme ce fut le cas pour le bisphénol A (BPA) dans les reçus de caisse, ou encore les retardateurs de flamme dans les meubles et les pyjamas pour enfants.

Ces cas ne font que démontrer à quel point la réglementation a besoin d’être réformée, mais le tableau est plus grave encore.

Prenons l’exemple du BPA. Le BPA est un perturbateur hormonal (ou endocrinien) très nocif, qui peut imiter l’œstrogène ou interférer avec celui-ci avec, à la clé, de multiples effets possibles sur la santé. La Société d’endocrinologie a publié une récente revue où elle fait état des preuves accablantes des effets néfastes de l’exposition au BPA rapportés dans la littérature scientifique, notamment la puberté précoce, le cancer du sein, les kystes ovariens, le syndrome des ovaires polykystiques, un éventail d’effets neurologiques, et d’autres encore. Pourtant, le BPA demeure largement utilisé. Quant au bisphénol S et au bisphénol F, proposés comme substituts, ils sont tout aussi toxiques.

Un autre cas d’espèce est celui des perfluorés ou SPFA (ou PFAS). Cette classe regroupe près de 5000 produits chimiques, un nombre qui ne cesse d’augmenter. On les utilise dans presque tous les secteurs manufacturiers, notamment dans les contenants alimentaires, les textiles et meubles soumis à un traitement antitache, des vêtements, un large éventail de cosmétiques, et bien d’autres produits.

Les problèmes de santé associés aux SPFA comprennent les cancers (testiculaires et rénaux), les dysfonctionnements hormonaux, les maladies thyroïdiennes, les effets immunologiques et les troubles de la reproduction, entre autres.

Les SPFA ne se dégradent pas et conservent donc leur toxicité dans le temps. Ils causent des torts considérables aux personnes, aux animaux et aux écosystèmes, et ils continueront de le faire pendant des milliers d’années.

Ce qui nous amène à la Loi canadienne sur la protection de l’environnement. Pierre angulaire de la législation canadienne en cette matière, cette loi vise à lutter contre la pollution pour protéger l’environnement et la santé humaine. Le gouvernement s’est engagé à mener cette réforme dans le présent mandat.

La grande majorité des citoyens ne connaissent pas la Loi canadienne sur la protection de l’environnement. Nous savons cependant que nous avons un problème majeur avec les substances toxiques touchant de manière disproportionnée les femmes, les personnes enceintes, les enfants et les communautés racialisées. Assez, c’est assez. L’exposition aux substances toxiques nous rend malades. Le temps est venu pour le gouvernement d’agir – et avec grande détermination.

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