Sylvain Charlebois, l’auteur du texte d’opinion « Le lait à prix d’or »* édulcore les enjeux liés à l’augmentation du prix du lait. Un portrait complet doit tenir compte d’un ensemble de considérations. En voici quelques-unes pour vos lecteurs.

Publié le 15 février
Pierre Lampron
Pierre Lampron Producteur laitier ; président, Producteurs laitiers du Canada

L’inflation, causée par la pandémie, n’épargne personne, y compris les producteurs laitiers. Votre plein d’essence a monté en flèche ? Ce n’est pas différent pour les tracteurs à la ferme ! Le coût du carburant est en hausse de 30 %, tandis que celui des aliments pour animaux a grimpé de 27 % en deux ans, et celui des semences, de 20 %. Le coût de la machinerie agricole, déjà élevé avant la pandémie, a subi une augmentation de 20 %.

Il est important de savoir que le prix du lait à la ferme peut diminuer selon les coûts de production et l’a déjà fait.

Toutefois, les autres acteurs de la chaîne d’approvisionnement n’ont pas ajusté leurs prix aux consommateurs. Certains rapportent des hausses du prix aux consommateurs bien au-delà de celle du prix du lait à la ferme.

Contrairement aux grands détaillants qui passent leurs augmentations sans fournir d’explications, les producteurs laitiers doivent s’adresser à la Commission canadienne du lait (CCL), une société de la Couronne pour un ajustement du prix à la ferme. Cette dernière doit tenir des consultations avec les autres acteurs de la chaîne d’approvisionnement, dont les transformateurs, les détaillants, le secteur de la restauration et des représentants des consommateurs avant de déterminer de la hausse. Aucun autre de ces acteurs n’est soumis à une telle transparence.

Les pratiques des détaillants méritent plus d’attention. Qui sait, peut-être même de M. Charlebois ?

*Lisez « Le lait à prix d’or »
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