Au cours des dernières années, les catastrophes naturelles dues aux changements climatiques se sont multipliées. Elles causent de nombreux dommages dont les coûts augmentent sans cesse, entravent l’approvisionnement et occasionnent souffrance et mortalité.

Publié le 15 février
Nadia Martel Finissante au DESS en environnement et développement durable de l’Université de Montréal

Afin de lutter contre les changements climatiques, le gouvernement Legault a publié en 2020 le Plan pour une économie verte 2030. Brossant les grandes lignes des mesures à adopter dans la prochaine décennie, ce plan est principalement axé sur l’électrification des transports et l’efficacité énergétique. Le gouvernement y interpelle entre autres les municipalités et le système de santé, qui sont en effet des acteurs importants de cette lutte. Ce plan va-t-il assez loin pour agir contre la crise climatique ? Y aurait-il lieu de l’améliorer ?

C’est ici que la Loi sur le développement durable du Québec, adoptée en 2006, peut se révéler utile. Pour le moment, elle est appliquée seulement aux ministères et autres organismes gouvernementaux.

Il serait possible de la valoriser de manière à opérer une transition juste et équitable sur les plans social, environnemental et économique. Comment ? En la transformant en réel projet de société, tel qu’il est d’ailleurs mentionné dans la loi.

À ce sujet, le commissaire au développement durable a proposé à maintes reprises, et à juste titre, d’y assujettir les municipalités et les systèmes de santé et scolaire, comme le permettrait l’article 4 de la loi. Pourquoi est-ce si important ? Un plus grand nombre de personnes seraient à même de porter la mission du développement durable qui consiste, rappelons-le, à pourvoir aux besoins de la population actuelle, en s’assurant que les générations futures puissent subvenir aux leurs. Cela permettrait d’améliorer notre qualité de vie tout en protégeant mieux l’environnement.

De quelle façon pourrait-on s’y prendre ? Travailler à petite échelle (à même les départements au sein du gouvernement ou encore dans les communautés) simplifierait la participation des citoyens et des citoyennes afin de prendre en compte les divers points de vue selon le milieu. Un sentiment d’appartenance se développerait, de même qu’une solidarité, laquelle est indispensable pour affronter les grands bouleversements qui se font déjà sentir.

Un autre aspect important de la Loi sur le développement durable est le respect de l’ensemble des 16 principes qui y sont énumérés, allant de la santé et de la qualité de vie au principe du pollueur-payeur.

Dans le plan gouvernemental, le principe de précaution semble mis de côté : la lutte contre les changements climatiques y est vue comme une possibilité de croissance économique et non une réelle occasion de changer nos façons de faire. Lorsqu’on sait que le gouvernement projette entre autres d’assouplir le règlement sur les milieux humides et les normes pour l’exploitation du lithium, nous ne pouvons qu’affirmer que c’est le classique « business as usual » qui subsiste, que l’exploitation des ressources domine…

Il ne faudrait pas remplacer l’exploitation d’une ressource par une autre sans revoir nos habitudes. On ne peut faire fi de certains des principes de la Loi sur le développement durable au nom de la croissance économique.

Les améliorations de son application proposées ici – élargissement et meilleur respect des principes – enrichiraient le Plan pour une économie verte 2030. Il est loin d’être trop tard. En cette année électorale, il serait bien d’en profiter pour enfin aller de l’avant.

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