En réponse au texte d’opinion de David Santarossa, « La fin de la technophilie en éducation ? »*, publié le 17 janvier

Publié le 21 janvier
Caroline Fiset Vincent et Martin Séguin Conseillers pédagonumériques pour le Réseau éducation collaboration innovation technologie (RÉCIT)

La mission de l’école québécoise s’inscrit sur trois grands axes : instruire dans un monde du savoir, socialiser dans un monde pluraliste et qualifier dans un monde en changement. L’école joue donc un rôle essentiel au développement des capacités intellectuelles ainsi que socioaffectives chez nos jeunes pour tous les aspects de leur vie. Il est d’ailleurs indispensable qu’ils développent leur pouvoir d’action face à la complexité des enjeux actuels et futurs.

Le numérique se présente ainsi comme un enjeu actuel incontournable, car il réforme notre façon de réfléchir, de créer, de communiquer, de collaborer, d’apprendre et de travailler.

Afin de composer avec cette réalité, favoriser l’égalité des chances, soutenir la réussite éducative et développer le plein potentiel de nos jeunes, le gouvernement du Québec a déployé le plan d’action numérique en 2018 visant notamment le développement de la compétence numérique. Cette dernière est déclinée en 12 dimensions soutenant l’accroissement d’une utilisation autonome et critique de l’utilisation du numérique.

La compétence numérique s’avère d’ailleurs indispensable à notre ère marquée par l’innovation technologique qui transforme parfois de manière radicale notre marché du travail ainsi que notre société.

L’école jouant un rôle essentiel dans la vie de nos jeunes, ses acteurs ont la responsabilité de les outiller et de les autonomiser face à cet enjeu de taille ainsi qu’aux conséquences y étant inhérentes.

Cyberintimidation, cyberdépendance, déficit de transmission culturelle, distractions, plagiat, problèmes d’estime de soi, désinformation… Ces problématiques existaient avant l’arrivée massive d’écrans dans nos écoles. Certes, la pandémie aura exacerbé certains de ces phénomènes, mais le milieu scolaire ne peut être dissocié de la société et vice versa. D’ailleurs, plusieurs moyens sont en place ou se développent pour pallier ces changements sociétaux. En effet, il est possible de citer comme exemples : la refonte du cours d’éthique et culture religieuse, les conseillers du Réseau éducation collaboration innovation technologie (RÉCIT) ainsi que le Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ) qui, à différents paliers, mettent de l’avant des programmes et du soutien dans nos milieux scolaires.

Plus qu’un simple consommateur

De nombreux acteurs de l’éducation œuvrent présentement au développement de la compétence numérique. Ces derniers préconisent l’accroissement d’aptitudes pour « une utilisation confiante, critique et créative du numérique pour atteindre des objectifs liés à l’apprentissage, au travail, aux loisirs, à l’inclusion dans la société ou à la participation à celle-ci »⁠1. Nous soutenons ainsi une relève que nous voulons prête à faire face aux innovations technologiques d’aujourd’hui et de demain. Il ne suffit plus d’être simple consommateur. Il faut maintenant devenir créateur.

Que retenir des derniers mois en enseignement à distance, demanderez-vous… seulement des échecs ? Au contraire, les enseignants ont développé leur pensée critique face à la technologie, en ont saisi les avantages, ont travaillé sur l’engagement et la motivation scolaire et ont collaboré au développement de leur propre compétence numérique comme jamais auparavant. Les défis sont nombreux, mais les occasions le sont tout autant.

Rappelons-nous que la mission de « [l]’école québécoise est […] d’assurer à tous la possibilité d’acquérir les moyens nécessaires pour mieux prendre leur place au travail, dans leur famille et dans la vie collective »⁠2. À cet égard, l’éducation et le numérique sont indissociables.

*Lisez « La fin de la technophilie en éducation ? »
1. Consultez le Cadre de référence de la compétence numérique, p. 7, 2019
2. Consultez le Programme de formation de l’école québécoise, p. 5, 2006
Qu'en pensez-vous? Exprimez votre opinion