Le 30 décembre, le premier ministre François Legault a annoncé une série de mesures visant à juguler la progression fulgurante du variant Omicron du virus COVID-19. Tous sont soumis à ces contraintes, personnes vaccinées ou personnes refusant la vaccination offerte.

Publié le 4 janvier
Claude Garcia
Claude Garcia Ancien sous-ministre adjoint au ministère des Affaires sociales du Québec

Les statistiques publiées par le gouvernement nous indiquent que les personnes vaccinées constituent 50 % des admissions à l’hôpital dues à la COVID-19. Les personnes non vaccinées, environ 10 % de la population, représentent donc l’autre 50 %. Il en ressort qu’une personne vaccinée a 11 fois moins de risques d’être hospitalisée si elle est infectée par la COVID-19.

De plus, les personnes non vaccinées demeurent plus longtemps à l’hôpital et occupent plus longtemps les lits réservés pour soigner la COVID-19, que ce soit aux soins intensifs ou non.

Cette situation, qui devient de plus en plus difficile à accepter pour beaucoup, menace la cohésion sociale et l’avenir d’une multitude de petites entreprises québécoises. Tous comprennent que les hôpitaux seraient moins sollicités et ne risqueraient pas la rupture de services si les non-vaccinés restaient confinés chez eux.

Comment un gouvernement démocratique peut-il gérer ce problème de façon adéquate ? Une approche consisterait à utiliser certains outils dont nous disposons déjà comme moyens de renforcement positif vers la vaccination.

Je donne deux exemples et il y en a certainement d’autres :

  • que les assureurs et autres entreprises qui offrent des régimes d’assurance-salaire augmentent la prime payable pour les non-vaccinés ou encore les excluent de la couverture de ce risque jusqu’à preuve de vaccination ;
  • que le gouvernement augmente, disons de 50 %, la cotisation des personnes non vaccinées au Fonds des services de santé et au Régime d’assurance médicaments. Cette disposition serait en vigueur jusqu’à ce que l’Organisation mondiale de la santé proclame la fin de la pandémie.

Pour ceux qui auraient des doutes sur la viabilité juridique de telles mesures, j’aimerais rappeler que la législation québécoise contient déjà des dispositions équivalentes. Par exemple, la contribution annuelle d’un motocycliste à l’assurance-automobile est beaucoup plus élevée que celle d’un automobiliste parce que les risques encourus par le Régime dans leur cas sont plus grands. Lorsque vous renouvelez votre permis de conduire et que vous avez des points d’inaptitude, on vous impose une contribution additionnelle qui augmente avec le nombre de points d’inaptitude à votre dossier.

En conclusion, puisque la lutte contre la pandémie devient de plus en plus difficile et que le refus de vaccination a des conséquences majeures sur le système social et sur l’économie, le gouvernement pourrait se servir des leviers démocratiques qui lui sont déjà accessibles afin d’inciter les non-vaccinés à se prévaloir des vaccins. On évitera peut-être ainsi d’avoir à choisir entre un jeune adulte de 21 ans atteint de la COVID-19 et sa mère de 48 ans, contaminée par celui-ci, pour l’admission dans le dernier lit d’hôpital disponible.

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