En ce début d’année marqué par le retour des mesures sanitaires draconiennes, de nombreux parents se font un sang d’encre pour leurs ados. Plusieurs ressentent même une vive – et saine – colère.

Publié le 4 janvier
Virginie Dostie-Toupin
Virginie Dostie-Toupin Autrice et mère de quatre enfants, Saint-Lambert

Bien que la quasi-totalité des parents comprend et accepte la nécessité d’agir résolument face au tsunami Omicron, des voix s’élèvent néanmoins pour veiller au bien-être de la génération COVID-19, fortement ébranlée.

Nous savons depuis longtemps que la COVID-19 constitue un virus à géométrie variable qui affecte de manière fort distincte les différentes strates de la société. Nous constatons désormais qu’il en va de même pour l’impact des mesures sanitaires.

Nathalie Collard l’évoquait récemment : les adolescents paient le prix fort des restrictions. Comme elle le soulignait, études à l’appui, leur santé mentale se révèle des plus fragiles.

Lisez l’éditorial de Nathalie Collard, « Protégeons la génération COVID »

Les pédiatres jouent les canaris dans la mine depuis des mois.

Aujourd’hui, ce sont les parents qui lancent un cri du cœur. Remarquons que ce ne sont pas les jeunes eux-mêmes qui se révoltent, s’agitent et tapent du pied par excès d’égoïsme. Tant s’en faut.

En fait, les ados se sont montrés solidaires et exemplaires tout au long de cette pandémie. Même s’ils traversent une étape de la vie qui rime habituellement avec la rébellion, ils se sont accommodés sans broncher des mesures. Ils se sont précipités massivement sur les vaccins lorsque leur tour est arrivé et ils ont même refusé en bloc d’enlever leurs masques alors qu’on les y autorisait.

En tant que groupe, ils n’ont de leçons à recevoir de personne. Au contraire.

Certes, le Québec s’est distingué de bien d’autres territoires en gardant les écoles ouvertes autant que possible. C’est tout à notre honneur et nous constaterons assurément en rétrospective que la situation serait pire s’il en avait été autrement. Il n’en demeure pas moins qu’être confronté à un isolement chronique durant cet âge éminemment social de la vie laisse des séquelles.

À l’image d’une grande réhabilitation, le retour à la quasi-normalité de l’automne a mis un baume sur les souffrances covidiennes vécues par nos ados. Tout le monde l’a constaté : ils reprenaient tranquillement goût à la vie d’avant et renouaient peu à peu avec la motivation. Comme nous tous, ils se sont même laissés prendre au piège, emportés dans leur erre d’aller, convaincus que la belle lancée pourrait durer.

Le retour annoncé à la triade hautement délétère que sont l’isolement, la sédentarité et l’excès d’écrans leur a fait d’autant plus mal.

Immanquablement, cette douleur résonne chez tous ceux qui veillent sur cette génération éprouvée.

À court terme, tout le monde conçoit qu’il sera difficile de lever les restrictions.

Cela dit, nous constatons d’ores et déjà que certains impératifs économiques dictent des exceptions aux mesures sanitaires malgré l’urgence. À preuve, les garderies demeurent ouvertes nonobstant l’absence de vaccination dans ce groupe d’âge et certains travailleurs essentiels devront manifestement travailler en dépit de la maladie.

Dès que des allègements supplémentaires s’avéreront possibles, les autorités devraient absolument considérer l’impact disparate des restrictions dans leur hiérarchisation des priorités.

En l’occurrence, le retour du présentiel et des sports pour les ados devraient figurer au sommet de la liste.

Dans une société qui s’atomise et se sédentarise à la vitesse grand V, le franc désir qu’affichent les jeunes de socialiser et d’être actifs représente une lueur d’espoir que nous devons attiser.

Une fois la COVID-19 derrière nous, la Santé publique continuera d’avoir beaucoup de pain sur la planche.

En 2022, souhaitons-nous que la Santé publique et le politique renouent avec leur vision globale ; souhaitons-nous qu’ils reprennent avec ardeur leur lutte contre les multiples maux de société occultés par la toute-puissante COVID-19.

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