Alors que le Québec est en pleine pandémie, le gouvernement caquiste procède subrepticement à une réforme de l’enseignement de l’histoire au collégial. Celle-ci entend liquider le cours d’histoire de la civilisation occidentale, obligatoire pour les élèves de sciences humaines.

En lieu et place, la CAQ entend le remplacer par un cours d’histoire du monde, lequel omettra notamment l’Antiquité gréco-latine, tout en réduisant grandement la place de l’Occident dans le nouvel enseignement. La nouvelle ministre Danielle McCann doit absolument faire marche arrière.

Un méli-mélo mondialiste

L’enseignement du cours d’histoire de la civilisation occidentale est en place depuis des années et fonctionne très bien. La raison de la réforme caquiste ne tient donc pas à un problème qui existerait et qu’il faudrait corriger. Celle-ci a plutôt été enclenchée en raison d’un processus de révision qui doit se faire périodiquement. Des fonctionnaires du ministère de l’Éducation ont confié la tâche à un comité de professeurs d’histoire qui, pour des raisons idéologiques, étaient tous contre le cours actuel.

Dès que l’idée d’abandonner le cours de civilisation occidentale a commencé à circuler, une majorité de professeurs d’histoire du collégial a exprimé son opposition, notamment lors d’un colloque organisé par l’Association des professeurs d’histoire des collèges du Québec qui s’est tenu à Trois-Rivières en 2018.

Qu’à cela ne tienne, le Ministère est allé de l’avant, non sans avoir tenu une consultation qui évacuait d’emblée le maintien du cours actuel.

Les bureaucrates ont profité du fait que le ministre de l’Éducation était trop occupé par la question des commissions scolaires et celle des maternelles 4 ans pour porter la moindre attention à l’enseignement supérieur. Par la suite, c’est la crise de la COVID-19 qui, bien naturellement, a accaparé l’attention de Jean-François Roberge. Tout cela a fait le jeu du petit groupe de professeurs et des bureaucrates qui voulaient en finir avec le cours d’histoire occidentale.

Il faut comprendre que depuis plusieurs années déjà, il est de bon ton dans le milieu scolaire d’accuser l’Occident de tous les maux, de le critiquer, de lui attribuer les pires tares de l’histoire humaine. Il est difficile de ne pas voir l’influence de cette idéologie dans l’abandon du cours d’histoire de la civilisation occidentale. À quoi bon s’étudier soi-même si nous sommes si mauvais ? L’heure est à l’expiation et à l’effacement de soi. Mieux vaut donc une histoire en forme de méli-mélo mondialiste qui aura nécessairement pour conséquence de relativiser et de réduire le rôle et la place de l’Occident.

L’héritage judéo-chrétien

Cela est particulièrement clair par l’abandon de l’étude de l’Antiquité, qui est centrale dans le cours actuel. L’Occident est d’une part l’héritière de la Grèce antique. Celle-ci nous a permis de développer le concept de raison, l’utilisation de la logique, notamment grâce à la philosophie, sans compter la démocratie, l’histoire, la littérature et combien d’autres choses encore si importantes. Comme le disait l’ancien premier ministre Lucien Bouchard, qui souhaite le maintien du cours, « Einstein a dû monter sur les épaules de Newton qui a pris le relais d’une suite de prédécesseurs, eux-mêmes héritiers en cascade des pionniers de la Grèce antique. Il en est de même de la philosophie, de la littérature et des arts ».

L’Antiquité est aussi la période qui voit la naissance du christianisme, lui-même très largement inspiré du judaïsme. Les valeurs morales et le monothéisme du peuple juif ont été adoptés par les Romains quand ils sont devenus chrétiens. Le tout est au cœur de notre héritage et voilà pourquoi on parle de la civilisation judéo-chrétienne.

Héritier d’Athènes et de Jérusalem, l’Occident a fait de très grandes choses, et également certaines qui étaient terribles. Il reste que notre bilan est positif. Nous avons bien réussi par rapport à d’autres, comme en témoigne le fait que des millions de personnes rêvent de migrer vers l’Occident.

À cet égard, notons que le Québec est une nation occidentale qui n’a jamais reçu autant d’immigrants en provenance de pays non occidentaux.

L’intégration de ceux-ci est une question essentielle pour notre société. Le cours de civilisation occidentale aide dans cette tâche en permettant aux étudiants issus de l’immigration récente de mieux comprendre les valeurs qui sont les nôtres et qui ont fait notre succès. Il permet aussi à tous les élèves de sciences humaines de mieux comprendre notre héritage judéo-chrétien.

Liquider le cours d’histoire occidentale serait donc une grave erreur. Malheureusement, la nouvelle ministre de l’Éducation, Danielle McCann, est complètement indifférente à la question. François Legault devrait la rappeler à l’ordre.

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