Je me suis jointe au Y des femmes de Montréal à titre de présidente-directrice générale en mai dernier. Le Y des femmes, lui, s’est installé au cœur de Montréal il y a 146 ans.

Nadine Raymond
Nadine Raymond Présidente-directrice générale du Y des femmes de Montréal

Depuis lors, nous défendons sans relâche les droits des femmes et des filles afin qu’elles vivent dans une ville plus inclusive, plus égalitaire et moins violente. Et si nous sommes toujours ici après 146 ans, c’est qu’il y a encore du chemin à faire pour que ces droits soient respectés et obtiennent toute l’attention qu’ils méritent.

La pandémie a mis en lumière les multiples visages des inégalités et des facteurs de vulnérabilité accrue des femmes (violences, pertes d’emploi, conditions de travail). Bien que l’allégement des consignes sanitaires vienne globalement faciliter la vie au quotidien, les femmes que nous accompagnons sont encore loin d’avoir retrouvé un contexte de vie sain.

Parmi les enjeux criants auxquels elles font face, nommons l’accès à des emplois assortis de conditions de travail décentes et bien rémunérés, l’accès à des logements abordables et sécuritaires pour elles et leurs familles et, malheureusement – en filigrane derrière ces difficultés multiples –, les violences auxquelles nombre d’entre elles sont confrontées.

Les élections municipales offrent un moment idéal pour réfléchir à la Montréal que l’on souhaite dans ce monde post-pandémie.

En dévoilant son Plan d’avenir, un peu plus tôt cette année, le Y des femmes mettait justement de l’avant sa vision de Montréal pour les décennies à venir. Une Montréal vigilante et accueillante pour les femmes, les filles et les personnes de genres divers.

Je profite de la présente campagne électorale pour vous exprimer ce que signifie, concrètement, que Montréal soit un exemple à suivre pour l’inclusion, l’égalité et la non-violence.

Plus inclusive, plus égalitaire et moins violente

C’est une Montréal où les mères monoparentales n’ont pas à choisir entre payer leur loyer et nourrir leurs enfants, faute d’un revenu suffisant et d’un logement à prix décent ; 45 % des femmes ayant un revenu d’emploi à Montréal gagnent moins de 20 000 $ par année et une mère monoparentale sur trois vit sous le seuil de la pauvreté.

C’est une Montréal aménagée de telle sorte que les femmes et les filles ne ressentent plus le besoin d’appeler une amie d’une main en tenant leur trousseau de clés dans l’autre, lorsqu’elles marchent dans la rue ou circulent en transport en commun. Les Montréalaises sont plus souvent victimes de violences sexuelles et de harcèlement que partout ailleurs au Québec.

C’est une Montréal où les taux d’emploi et d’activité des femmes ne soient plus systématiquement de 8 % à 10 % environ plus bas que ceux des hommes.

C’est une Montréal qui utilise l’analyse intersectionnelle différenciée selon le sexe (ADS+) lorsque vient le temps de prendre des décisions.

Bref, une Montréal qui a le courage de dénoncer et d’agir pour réduire les inégalités touchant les femmes et les personnes de genres divers, qui donne l’exemple et qui s’assure que l’ensemble de ses citoyens et citoyennes puissent y vivre et y travailler en toute égalité, inclusion et sécurité.

Nous souhaitons que la prochaine administration soit elle aussi habitée de ces mêmes ambitions et devienne une alliée au déploiement de cette vision.

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