Je ne sais pas. C’est un miracle.

Nathalie Bertrand
Nathalie Bertrand Directrice, école Lanaudière, Montréal

Je ne sais pas. C’est un mystère.

Pour celles et ceux qui ont vu le film Shakespeare in Love, c’est une remarque qu’un des personnages, Philip Henslowe, disait souvent afin de souligner que l’impossible peut parfois devenir possible.

Un miracle, c’est ce qu’ont réalisé tous les acteurs en éducation cette année.

De toute évidence, il faudra plus qu’une tasse à café comme cadeau pour souligner cette fin d’année.

En toute sincérité, je ne pensais pas que nous serions capables d’y arriver. De faire vivre aux élèves une année somme toute normale.

Pourtant, nous avons dépassé en très grande majorité les attentes que la population avait à notre égard. Oui, cela a été difficile pour plusieurs élèves, mais la quasi-totalité partira vers les vacances avec du soleil dans les yeux. Et les papillons au ventre du départ se sont envolés, que de stress ces jeunes élèves ont vécu lors de leur première journée.

Si vous saviez comment, au départ, les élèves, particulièrement les élèves du premier cycle, serraient avec vigueur la main de leurs parents lors du tout premier matin d’école au mois d’août. Pourtant, malgré leur crainte, rapidement leur cœur d’enfant a réussi à affronter tous ces nouveaux défis pandémiques.

Ils sont franchement incroyables.

Cœur d’enfant, cœur vaillant

D’ailleurs, ce n’est pas galvaudé de dire que c’est une bonne idée de garder son cœur d’enfant, car ils ont beaucoup à nous apprendre, ces enfants de 2020-2021. Ils ont passé au travers de cette de pandémie comme des champions.

Le cœur vaillant et avec toute la maturité possible pour leur jeune âge, ils ont respecté les consignes comme les grands.

Comme les grands ?

Non, en fait, pas mal mieux que les grands. Ils ont compris rapidement l’importance du bien commun et se sont appliqués à respecter les règles.

Et surtout, ce qui est totalement renversant et étonnant, c’est à quel point ils ne se sont jamais apitoyés sur leur sort ni n’ont rechigné outre mesure aux demandes de la Santé publique.

Ils ont fait un pied de nez assez fantastique à cette fichue COVID-19. Ils ont continué à jouer, à vivre intensément comme seuls les enfants peuvent le faire. Ils ont continué à apprendre et surtout à désirer apprendre.

Et l’équipe-école ?

Tous les employés qui gravitent de près et de loin en éducation et les parents méritent nos plus sincères remerciements. D’avoir su garder le sourire, malgré leurs craintes, les multiples renversements de situation, les ajouts à leurs tâches, etc. Et de naviguer avec la multitude d’informations qui variait au gré des saisons et des courbes pandémiques. La montagne russe des consignes à suivre nous a donné parfois le tournis et des haut-le-cœur bien sentis.

Il nous a fallu être solides pour nous rendre en juin.

Pourtant, je peux vous affirmer avec force que toutes et tous se sentaient responsables de la sécurité des élèves et ne voulaient que le meilleur pour les élèves.

Les élèves. Nos enfants.

La santé et la sécurité de tous nos élèves étaient et sont, encore maintenant, une indéfectible préoccupation quotidienne pour nous. Et avouons-le, c’était beaucoup déposé sur les épaules de tous les employés en éducation.

Être responsable à ce point-là était parfois lourd à porter.

Malgré ce stress, ils ont réussi avec brio à garder la flamme intacte du désir d’apprendre chez les élèves.

Je profite de cette tribune pour souligner le travail exceptionnel de nos équipes en éducation, en particulier de la formidable équipe de l’école Lanaudière.

Vous avez fait preuve de patience, de rigueur, de résilience et surtout de bienveillance. Mot bien à la mode et parfois surutilisé, mais sachez qu’entre vos mains, cette année, ce mot a été révélé dans toute sa force, sa splendeur et sa puissance.

Bravo, je suis impressionnée, nous sommes toutes et tous impressionnés.

Merci du fond du cœur et chapeau bas ! Vous avez réussi à survivre à cette année scolaire.

Comment ? Je ne sais pas. C’est un mystère !