Le Canada est confronté à deux crises mondiales : la COVID-19 et les changements climatiques. Alors que la COVID-19 continue d’avoir des effets négatifs sans précédent sur notre santé et notre économie, les vaccins présentent un espoir de jours meilleurs.

DANIEL BRETON ET ROBERT HORNUNG
Respectivement président et directeur général de Mobilité électrique Canada et président et chef de la direction de l’Association canadienne des énergies renouvelables*

De leur côté, les changements climatiques nuisent aussi à notre santé et à notre économie et, malgré le confinement, la situation s’est en fait aggravée. De nouvelles données de l’Agence internationale de l’énergie démontrent qu’en décembre 2020, les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à l’énergie étaient en fait supérieures de 2 % à celles de l’année précédente, soit avant la COVID-19.

Or, aucun vaccin ne mettra fin à la crise climatique.

Entre 2005 et 2018, les émissions de GES du Canada sont restées essentiellement les mêmes. Or, pendant que les émissions de GES du secteur de l’électricité ont diminué de 46 %, celles des transports ont augmenté 15 %.

Le Canada est même devenu le premier pays au monde pour les émissions de GES par kilomètre parcouru de son parc de véhicules légers.

Le Canada a cependant la possibilité d’être un leader mondial en alimentant des véhicules électriques avec ses abondantes ressources énergétiques renouvelables.

Le Canada s’est engagé à rendre 90 % de son électricité non émettrice d’ici 2030, et à mettre en place un réseau électrique non émetteur avant 2050. Le secteur de l’électricité ayant déjà réduit ses émissions de GES de près de 50 %, nous pouvons atteindre nos objectifs en nous appuyant sur les immenses ressources en énergie renouvelable exploitées et non exploitées du Canada, comme l’hydroélectricité, l’énergie éolienne et l’énergie solaire.

Pollution atmosphérique : 120 milliards de dollars par année

Selon un rapport de Santé Canada publié en mars 2021, les impacts économiques sur la santé de la pollution atmosphérique s’élèvent à 120 milliards de dollars par année et causent 15 300 décès, soit huit fois le nombre de décès liés aux accidents de la route. Or, les transports produisent actuellement 31 % des émissions de carbone noir, 33 % des émissions de monoxyde de carbone et 41 % des émissions d’oxyde d’azote au Canada. Ainsi, la transition vers les véhicules légers et lourds électriques alimentés par des énergies renouvelables sauvera des milliers de vies et fera économiser des milliards de dollars chaque année, grâce à l’importante réduction de pollution atmosphérique qui en résultera.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

L'usine de Lion Électrique, à Saint-Jérôme

Quelque 375 000 emplois et 200 milliards de revenus d’ici 2030

La transition vers les véhicules électriques et les énergies renouvelables apportera également d’importantes opportunités d’emplois aux Canadiens. Selon Clean Energy Canada, il y aura environ 560 000 emplois dans le domaine de l’énergie propre d’ici 2030, dont les deux tiers (environ 375 000 emplois) dans les secteurs du transport propre, de l’énergie propre, du réseau propre et du stockage. Il s’agit d’emplois durables et de grande qualité pour les Canadiens.

Selon une analyse de Mobilité électrique Canada, une stratégie fédérale pour les véhicules zéro émission inspirée de celles de la Colombie-Britannique, du Québec ou de la Californie, pourrait générer jusqu’à 200 milliards de dollars de revenus entre 2021 et 2030.

On parle ici d’un tout nouveau créneau de développement économique qui est en croissance exponentielle partout sur la planète.

Comment le Canada peut-il accélérer l’adoption de véhicules zéro émission ? En mettant sur pied une stratégie canadienne d’électrification des transports qui comprend une chaîne d’approvisionnement, un réseau complet d’infrastructures de recharge, des incitatifs financiers temporaires, de l’éducation et de la formation et, finalement, une réglementation… puisque les mesures volontaires ne suffiront pas pour que le Canada atteigne ses objectifs de réduction d’émissions de GES et d’adoption de véhicules zéro émission.

C’est d’ailleurs pourquoi Mobilité électrique Canada appuie sans réserve l’engagement du Canada à adopter la réglementation la plus contraignante en Amérique du Nord après 2025 en s’alignant sur la réglementation californienne pour les véhicules légers et lourds en matière d’économie de carburant et de normes VZE (véhicules zéro émission).

C’est à cause de cette occasion historique que Mobilité électrique Canada, WaterPower Canada et l’Association canadienne des énergies renouvelables ont décidé de travailler ensemble pour aider à bâtir un avenir économique et écologique porteur d’avenir pour tous les Canadiens.

Mais disons-le, le temps presse.

*Cosignataire : Patrick Bateman, président intérimaire de WaterPower Canada