Depuis l’annonce faite par CDPQ Infra, le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal, le débat sur le Réseau express métropolitain (REM) s’est polarisé sur les enjeux d’intégration urbaine, au détriment des avancées et des possibilités que procurera le déploiement de ce projet d’envergure. En tant que regroupement de leaders provenant des milieux de l’éducation, du développement économique et de la santé de l’Est de Montréal, nous souhaitons rappeler à quel point le REM de l’Est est vital pour le développement du territoire.

Christine Fréchette et Christian Yaccarini
Respectivement présidente-directrice générale de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal et président et chef de la direction de la Société de développement Angus, et 13 autres signataires*

Parce qu’il facilitera l’accès aux quartiers, aux établissements d’enseignement, aux zones d’emploi et à une série de lieux stratégiques de la métropole, le REM se veut un projet transformateur pour l’Est de Montréal, qui générera l’amélioration de nombreuses facettes qui influent sur la qualité de vie de ses habitants et des travailleurs. L’Est recèle un immense potentiel et, pour qu’il se révèle, cela passe notamment par le déploiement de ce grand projet de transport collectif.

Il est de notoriété publique que l’offre de transports collectifs est défaillante dans l’Est de Montréal, territoire de plus de 800 000 habitants. Le REM nous fera entrer dans une nouvelle ère du transport collectif en permettant de désenclaver de grandes portions de ce territoire.

Nous croyons fermement que le REM de l’Est va constituer un puissant outil de densification du territoire et de lutte contre l’étalement urbain puisqu’il rehaussera l’intérêt des citoyens et des entreprises à s’établir et à demeurer dans l’Est.

C’est au développement d’innombrables projets publics et privés et à la réactivation de dizaines de millions de pieds carrés de friches industrielles que nous allons assister. Ces investissements sont synonymes non seulement de création d’emplois, mais également de développement de quartiers et de vie de quartier tout le long du tracé. Des stations du REM pourraient par exemple inclure des espaces répondant à des besoins exprimés par le milieu environnant. Et si nous osons nous projeter davantage collectivement, ce projet pourrait même devenir un projet de société à part entière.

Artères commerciales

De nombreuses artères commerciales seront alors plus accessibles, entraînant ainsi un plus grand achalandage. Combiné aux autres projets de transport que sont le SRB Pie-IX et l’ajout de cinq nouvelles stations sur la ligne bleue, c’est un renouveau de plusieurs artères commerciales qui pourrait avoir lieu au cours des prochaines années.

Les entreprises de l’Est étant souvent difficile d’accès en transport en commun, l’attraction et la rétention des travailleurs constituent un véritable casse-tête pour les employeurs, une difficulté qui vient s’ajouter à la rareté de la main-d’œuvre qui sévit dans de nombreux secteurs. Avec l’arrivée du REM, il sera plus facile d’attirer les entreprises et les talents sur le territoire.

Qui plus est, le REM permettra de connecter de nombreux arrondissements de l’Est à des collèges et des universités, facilitant l’accès au savoir, un véritable enjeu dans la région.

Soulignons aussi le plus grand accès aux établissements de santé, sachant que le REM sera connecté à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont et à l’hôpital Santa Cabrini, qui font partie du CIUSSS de l’Est-de-Île-de-Montréal, l’un des plus importants employeurs du territoire.

Il importe de souligner par ailleurs que le REM réduira la dépendance à l’automobile en permettant à une grande part des usagers de délaisser leur voiture au profit de modes de transport collectif. Il s’agit là d’une condition essentielle à l’atteinte d’un développement durable et sobre en carbone pour l’Est de Montréal.

Le projet est-il perfectible ? Assurément, et il faudra travailler collectivement à faire en sorte de développer un projet créatif et innovant qui constituera un modèle pour d’autres villes. Son intégration dans la trame urbaine, particulièrement pour les tronçons aériens au centre-ville et rue Sherbrooke Est, doit faire l’objet d’une attention particulière. Nous sommes d’avis que la venue d’un comité d’experts, créé par CDPQ Infra, permettra de s’inspirer des meilleures pratiques à l’international en vue d’adopter une architecture signature et une intégration harmonieuse dans la trame urbaine.

Sans minimiser l’importance de ce débat, nous tenons à souligner que ce n’est ni plus ni moins que l’avenir de l’Est de l’Île que nous dessinons à travers ce projet d’envergure. En déployant le vaste système de transport collectif qu’est le REM, nous dotons la communauté d’un puissant levier de développement stratégique qui révèlera l’immense potentiel de l’Est de Montréal.

* Cosignataires : Madeleine Paquin, Logistec ; Sylvain Lemieux, CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal ; Guy Laganière, Groupe C. Laganière ; Claude Auchu, lg2 ; Malika Habel, Collège de Maisonneuve ; Sylvain Mandeville, Collège Marie-Victorin ; Anne Couillard, Collège de Rosemont ; Guy Nadeau, Desjardins Entreprises ; Dimitri Tsingakis, Association Industrielle de l’Est de Montréal ; Éric Sauvageau, Sanexen ; Denis Robitaille, Rachel Julien ; Sylvain Cofsky, Innovitech ; Antoine Chagnon, Lallemand