Comme je cherche à comprendre pourquoi des soignants, des médecins, des infirmières et des préposés hésiteraient à recevoir le vaccin anti-COVID-19, voire le refuseraient, j’ai donc entrepris sans succès de repérer des statistiques, par CIUSSS et types d’établissement, quant au taux global de vaccination chez les travailleurs de la santé. Un tel bilan existe-t-il au Québec ?

Carol Patch-Neveu Carol Patch-Neveu
Montréal

En matière de prévention des infections, j’ai toujours cru naïvement qu’il allait de soi que des soignants soient sachants et hyper vigilants. En accompagnant un proche parent hospitalisé, j’ai eu le souffle coupé en voyant, pour la toute première fois il y a des années, une affiche nous informant du taux de lavage des mains chez le personnel du département ; ce n’était pas rassurant ! Bienvenue dans l’univers des infections nosocomiales. Il y a deux ans, à l’hôpital BMP de Cowansville, j’ai été atterrée de constater qu’on « isolait » un cas d’infection en entourant son lit d’un vieux rideau portant un gros écriteau, tout en le laissant dans une chambre à quatre, faute de mieux !

En une telle pandémie mondiale aux conséquences très graves, dans un Québec ayant été frappé par un taux effarant de décès et d’hospitalisations, il est illogique de n’avoir pas rendu obligatoire, oui, obligatoire, la vaccination chez tous les travailleurs de la santé, en ciblant en priorité ceux qui œuvrent en CHSLD, ressources intermédiaires (RI), résidences pour aînés (RPA), donc auprès de personnes âgées statistiquement plus vulnérables, et, en parallèle, tout le personnel des soins intensifs, les urgences, ainsi de suite.

Le sujet des taux de vaccination des travailleurs de la santé n’est même pas abordé lors des points de presse et n’intéresse les médias que s’il y a éclosion dans un CHSLD, comme c’est le cas dans un établissement à Gatineau.

Avec légitimité et éloquence, en grand nombre, médecins, infirmières et préposés ont rapporté aux médias des failles intolérables, par exemple le manque d’équipements de protection adéquats, des conditions de travail hyper stressantes, ont décrit un fardeau exténuant, un psychodrame incessant ; néanmoins, la vaccination ne ferait pas l’unanimité parmi eux ?

Je n’irai pas par quatre chemins. À ces récalcitrants, voire anti-vaccins, je demande : que faites-vous donc dans le domaine de la santé ? C’est intolérable et irresponsable. On ne peut prétendre que notamment les résidants de CHSLD et de RI soient actuellement bien mieux protégés avec une première dose du vaccin, si le taux de vaccination de ceux qui veillent sur eux est faible !