Les armes à feu (principalement les armes de poing) utilisées dans les crimes sont des armes illégalement acquises par l'intermédiaire du trafic illicite de celles-ci et leur utilisation criminelle ne sera aucunement affectée par un resserrement des lois qui ne s’appliquera, de facto, qu’aux propriétaires légitimes d’armes à feu à des fins légales et sportives.

Publié le 18 févr. 2021
André Gélinas
André Gélinas Sergent-détective (retraité), division du renseignement, Service de police de la Ville de Montréal

Il ne faut pas perdre de vue que les trafiquants et les criminels n’ont rien à perdre, contrairement aux chasseurs et tireurs sportifs. Frapper sur le mauvais clou ne sera rien d’autre qu’un répétitif coup d’épée dans l’eau. Malheureusement, au fil des années, le débat fut détourné vers une solution facile, inefficace et empreinte d’une méconnaissance émotive du phénomène.

Si nos politiciens et militants anti-armes voulaient sincèrement et réellement protéger le plus possible la société de telles exactions, les efforts devraient être dirigés vers le trafic illégal d’arme à feu et non pas vers des détenteurs de permis déjà respectueux des lois actuelles.

La solution réside dans la création et dans le financement permanent d’escouades d’enquêtes policières mixtes qui ne verront pas leur actions freinées par la rectitude politique et l’aveuglement volontaire de nos politiciens.

Il faudra bel et bien un jour admettre que nous, les membres de la communauté policière, connaissons tous ceux qui gèrent et commandent ce commerce de mort et surtout la provenance de ces armes à feu illégalement acquises et utilisées dans la perpétration de crimes.

Sans discrimination

Toutes les souches de crime organisé devront être ciblées ; que ce soit les motards criminels, les différentes mafias ou les groupes criminels autochtones. De surcroît, aucun territoire faisant intégralement partie de nos frontières ne devra être épargné ou considéré comme intouchable politiquement. La règle de droit devra s’appliquer partout sans aucune discrimination.

Alors, quel politicien ou chef de police aura le courage de prendre les décisions impératives et d’exposer la situation telle qu’elle est réellement ? Qui aura la volonté de sauver des vies ? À ceux et celles qui savent, qui ont le pouvoir et qui ne prennent pas les décisions courageuses qui s’imposent, honte à vous, vous portez et porterez le fardeau des victimes et des morts sur votre conscience.

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