Nous vivons une urgence sanitaire sans précédent à l’échelle planétaire et nous devons tous faire notre part pour endiguer la propagation de la COVID-19 au Québec.

Luc Mathieu Luc Mathieu
Président de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec

En effet, la contribution de la population est essentielle afin de permettre aux infirmières et infirmiers de faire leur travail. Si la mission première de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) est la protection du public, aujourd’hui nous avons besoin du public pour protéger nos infirmières et infirmiers.

Les infirmières et infirmiers doivent affronter plusieurs types de situations, mais aucune ne se compare à la pandémie que nous vivons tous actuellement. Dans les hôpitaux, les cliniques médicales, les centres d’hébergement et de soins de longue durée et les pharmacies, ils doivent continuer à prodiguer des soins avec un professionnalisme qui n’est plus à démontrer, tout en se protégeant afin de ne pas transmettre le virus à leurs collègues, à leurs patients et à leur famille.

Bien que les mesures de protection en place dans les établissements de santé permettent de minimiser les risques d’infection, les soignants vivent également des inquiétudes et des préoccupations quant à leur propre santé. Ces sentiments sont parfaitement légitimes, étant donné qu’on leur demande d’être sur la première ligne de la lutte contre cette pandémie.

Et comme ils sont plus de 76 000 au Québec, il y a de fortes chances que nous ayons une infirmière ou un infirmier dans notre entourage. Nous les côtoyons aussi en ce moment et sans le savoir dans les épiceries, pharmacies et autres endroits jugés essentiels. Ainsi, dans le contexte de l’urgence sanitaire, l’aide de la population est indispensable pour protéger la santé des infirmières et infirmiers et leur permettre de déployer toute l’étendue de leur expertise.

Les consignes sont simples à retenir et y sont pour beaucoup dans la lutte tant contre la propagation du virus que contre les inquiétudes des professionnels du réseau de la santé.

En restant à la maison, en nous lavant les mains et en évitant les rassemblements et les déplacements, nous avons un impact direct sur la santé et le moral des infirmières et infirmiers, et sur ceux de tous les autres professionnels et intervenants qui prennent soin de nous.

Ces sacrifices sont bien minces, si l’on pense notamment que plusieurs d’entre eux ne verront pas leur partenaire de vie, leurs enfants et les personnes qui leur sont chères pendant plusieurs jours.

Ces consignes peuvent être plus difficiles à suivre pour les personnes plus vulnérables et leurs proches et dont l’isolement peut avoir des effets certains sur leur santé mentale. Nous avons le devoir de les protéger eux aussi et de garder contact à distance, en communiquant avec eux par téléphone ou par visioconférence afin de les soutenir dans cette période d’isolement social, quand cela est possible.

Depuis le 12 mars dernier, l’OIIQ a répondu à l’appel du premier ministre François Legault et de la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, et travaillé sans relâche en vue de participer à la prévention et au contrôle de la COVID-19 et de rassurer la population.

Des autorisations spéciales qui permettent aux personnes ayant quitté la profession infirmière de venir en aide à leurs collègues, sans qu’elles aient à payer de frais, ont été accordées rapidement. L’OIIQ a en effet délivré près de 203 autorisations spéciales à ce jour.

De plus, afin de permettre aux établissements du réseau de la santé de rendre accessible une offre de services optimale et d’éviter des procédures administratives, l’OIIQ a décidé, conjointement avec le Collège des médecins du Québec (CMQ), de lever la nécessité d’un partenariat écrit pour les infirmières praticiennes spécialisées avec un médecin partenaire. L’OIIQ, le CMQ et l’Ordre des pharmaciens du Québec ont également rédigé un avis conjoint pour que cesse, dans la mesure du possible, l’utilisation des ordonnances papier qui peuvent être un vecteur de transmission du virus.

Finalement, en tant que président de l’OIIQ et infirmier, laissez-moi exprimer la très grande fierté que je ressens envers les infirmières et infirmiers du Québec. Votre travail et votre professionnalisme suscitent l’admiration et le respect. À nous maintenant de vous prêter main-forte. Il en va de notre santé collective.

En ce sens, l’OIIQ lance dès aujourd’hui une campagne de soutien aux infirmières et infirmiers du Québec.

Pendant que la vie des citoyens est en pause, nos héroïnes et héros n’arrêtent pas. Nous leur disons donc merci d’être là pour nous et vous invitons à joindre votre voix à la nôtre.

Pour cela, il vous suffit de publier sur vos réseaux sociaux les messages d’appui et de remerciements que vous souhaitez leur faire parvenir en incluant le mot-clic #merciinfiniment.