Le président iranien Hassan Rohani avait dit récemment à juste titre : « Cela fait 40 ans que nous sommes en guerre avec la communauté internationale. »

Hamid Enayat Hamid Enayat
Analyste iranien

Depuis l’avènement du régime iranien, le Moyen-Orient est le théâtre de massacres et de guerres. D’abord, la guerre de huit ans entre l’Iran et l’Irak, avec plus d’un million de tués et de blessés des deux côtés. Khomeini voulait continuer la guerre, selon ses mots, « jusqu’à dernière brique de la dernière maison du pays ». Ensuite, la guerre et les massacres ont ravagé l’Irak, la Syrie, le Yémen et se sont étendus à toute la région.

Depuis l’installation du régime iranien, des milices armées ont poussé partout au Moyen-Orient comme des champignons. Les voitures piégées et leurs flots de morts et de blessés sont devenus monnaie courante. La marque des basses œuvres de Qassem Soleimani.

Le soulèvement populaire de novembre en Iran a été réprimé dans le sang. Mille cinq cents personnes au moins ont été tuées et pas moins de 12 000 arrêtées.

Lorsque les États-Unis ont occupé l’Irak et ont dissous son armée et tous ses organes de défense, ils ont offert le pays au régime iranien sur un plateau d’argent. Alors, en créant des milices armées composées de criminels, Soleimani a commencé à éliminer les sunnites sous prétexte de déraciner le parti Baas. Les personnalités sunnites qui rejetaient le régime iranien ont été enlevées ou forcées de quitter le pays. Les sunnites des régions de Diyala et de Kirkouk ont été contraints à l’exode. Des Palestiniens ont été obligés de quitter l’Irak. Les milliers d’assassinats et d’explosions en Irak sont les fruits pourris du règne des milices pro-iraniennes pendant toutes ces années. L’Irak s’est transformé en tremplin pour s’emparer du Moyen-Orient.

Les Forces Al-Qods des Gardiens de la révolution ont amené la classe politique irakienne et les religieux du pays, soit par la corruption, soit par la terreur, à servir le régime iranien. 

L’Irak s’est retrouvé occupé par les milices aux ordres de Soleimani. Cette civilisation millénaire s’est alors enfoncée dans la misère et la corruption.

Lorsque Soleimani est entré en Syrie, il a commencé à créer toutes sortes de milices pour réprimer dans le sang le mouvement de libération du peuple syrien. Khamenei avait déclaré que « si on ne fait pas la guerre en Syrie, nous serons obligés de la faire à Téhéran ». Des dizaines de milliers d’enfants ont été tués en Syrie par les méthodes de Soleimani. C’est bien lui qui a entraîné les Russes dans la guerre en Syrie pour bombarder la population. Les photos des enfants tués dans des bombardements chimiques ont fait partout la une des journaux. En Iran, on l’appelle « le bourreau d’enfants ». Il a été le grand expert pour écraser les soulèvements pour la liberté partout dans la région.

Les deux piliers du régime des mollahs

Né des dogmes religieux du Moyen-Âge, le régime des mollahs s’est imposé aux Iraniens dans des circonstances historiques particulières et se trouve incapable de répondre aux exigences culturelles, économiques et politiques de son peuple. Il a donc été obligé de prendre le chemin des crises hors de ses frontières et de la répression dans le pays, les deux piliers essentiels de sa survie.

Soleimani était le garant de ces deux piliers. En dépensant des sommes astronomiques, il a financé, formé et armé de multiples milices avec les richesses de l’Iran, un des pays les plus riches du monde, réduisant les deux tiers de la population à vivre sous le seuil de la pauvreté. Sans Soleimani, la répression à l’intérieur de l’Iran n’aurait pas atteint ce niveau de cruauté.

La guerre au Moyen-Orient a trop duré. Avec la disparition de Soleimani, l’un des plus importants facteurs de ces guerres, on peut dire que la machine de guerre et de terreur des mollahs vient de s’arrêter.

Ce n’est pas sans raison que les peuples irakien et syrien ont célébré sa mort avec joie dans les rues et que les Iraniens l’ont fait aussi à l’abri des regards. Ce jour-là, les ventes de pâtisseries ont atteint un pic en Iran.

Celui qui était à l’origine de tous les conflits de la région est devenu une jauge pour connaître les tenants du maintien au pouvoir des mollahs et par-delà du fascisme religieux. Ceux qui se réjouissent de sa mort se trouvent aux côtés des peuples de la région et de leur soif de liberté et de démocratie.