En cette période de crise, où il est de plus en plus question des difficultés reliées à l’isolement, au décrochage scolaire, à l’apprentissage, à la santé physique et mentale ainsi qu’à l’itinérance, ne serait-il pas temps de se donner de nouveaux moyens d’appuyer nos organismes communautaires et philanthropiques ?

Richard Payette Richard Payette
Philanthrope, ancien président et chef de la direction de Manuvie Québec

Je suis engagé auprès de différentes causes, tant humanitaire, culturelle que scientifique. Je suis à même de constater que les besoins sont énormes, sinon criants. Les exemples de l’impact de ces organisations sont nombreux et forts, notamment grâce à leur débrouillardise pour innover dans leur façon de faire afin de répondre aux nombreux appels à l’aide.

Récemment, les YMCA du Québec ont développé de nouveaux programmes d’activité physique virtuelle. Pour plusieurs personnes vulnérables, ces entraînements sont la seule occasion de garder la forme à la maison. Mais plus encore, ils sont souvent leur seule occasion de contact social. Le Y a aussi ouvert les Zones jeunesse dans plusieurs des centres YMCA pour offrir aux élèves du secondaire qui n’ont pas accès à une bonne connexion internet un endroit sécuritaire pour suivre leurs cours en ligne et réaliser leurs travaux.

Pour sa part, l’Orchestre symphonique de Montréal a conçu une expérience de visionnement numérique unique de plusieurs concerts abordables et offre la possibilité aux acheteurs de contribuer à une bonne cause.

Ils ont en effet l’occasion de faire un don qui permettra aux résidants et aux employés des centres d’hébergement de soins de longue durée du CIUSSS du Centre-Sud-de l’île de Montréal de visionner gratuitement un concert de l’OSM.

Finalement, l’Institut de recherche clinique de Montréal (IRCM) a récemment obtenu l’approbation de Santé Canada pour entamer des essais cliniques afin de valider le potentiel thérapeutique de l’isoquercétine, une substance végétale ayant d’intéressantes propriétés antivirales. Les chercheurs pensent que de tels antiviraux, s’ils s’avéraient efficaces contre la COVID-19, demeureront essentiels pour traiter ceux qui contracteront quand même la maladie.

Nos gouvernements ont pris des mesures rapidement pour intervenir auprès de la population et soutenir l’économie et ses travailleurs, nous devons en être fiers. Les organismes philanthropiques qui ont bénéficié de subventions, notamment salariales, j’en suis certain, en sont également reconnaissants. Néanmoins, la situation demeure précaire et préoccupante partout.

La période des Fêtes est certainement l’occasion de dire merci et de montrer une fois de plus notre grande générosité. Une façon de le faire est un don.

Pourquoi ne pas s’inspirer de certaines particularités des programmes d’épargne-retraite et permettre la déduction fiscale des dons des particuliers en 2020 qui seront faits jusqu’au 28 février 2021 ? Ce serait une mesure encourageante qui permettrait un remboursement d’impôt rapide. Une occasion de stimuler notre grande générosité comme Québécois et Canadiens et, de ce fait, favoriser un partenariat réel entre les gouvernements et les particuliers pour soutenir la santé physique et émotionnelle de l’ensemble de la société. Parce que le temps d’agir, c’est maintenant !