Après plusieurs mois d’attente, CDPQ Infra et le gouvernement du Québec ont rendu public le projet du REM de l’Est. Le Collectif en environnement Mercier-Est (CEM-E) réagit favorablement à ce projet. Avec des investissements de plus de 15 milliards de dollars, il améliore globalement et de façon considérable la mobilité des citoyens de l’est de l’île de Montréal. Il soulève toutefois de profondes inquiétudes pour les résidants vivant aux abords de la rue Sherbrooke dans Mercier-Est.

Ronald daignault
Membre du Collectif en environnement Mercier-Est

En effet, alors que la portion dans l’axe de la rue L’Assomption-Lacordaire est souterraine, ce qui évitera l’essentiel des impacts négatifs aux populations des quartiers Mercier-Ouest, Rosemont, Saint-Léonard et Montréal-Nord, le projet prévoit l’intégration d’un REM aérien dans le quartier résidentiel de Mercier-Est. Cette décision serait justifiée par sa faible densité de population.

Or, aux alentours de la station de métro Honoré-Beaugrand, la densité de population est aussi élevée que dans la plupart des secteurs pour lesquels un trajet souterrain est prévu. Il semble y avoir deux poids, deux mesures.

Il faut comprendre que la rue Sherbrooke, à cet endroit, est relativement étroite entre l’autoroute 25 et George-V et que certains édifices résidentiels sont construits presque en bordure du trottoir. Le REM passera donc à moins de 10 mètres de ces édifices. Cet aspect du projet est inacceptable. Le CEM-E demande que cette section du tracé soit souterraine.

Les citoyens de Mercier-Est ont l’impression d’être sacrifiés pour la réalisation de ce projet.

Raymond Moquin, président du CEM-E

« Après la construction du pont-tunnel et de l’autoroute 25, qui a détruit une bonne partie du quartier durant les années 60, après le projet de modernisation des accès il y a cinq ans, après la création du Terminal Cast et l’intensification des activités portuaires depuis plusieurs années, on veut y ajouter une nouvelle infrastructure. Les aspects négatifs du projet pour le quartier doivent être corrigés » souligne Raymond Moquin, président du CEM-E.

La création de réseaux de transports collectifs structurants est d’une importance vitale et revitalisera de façon significative l’est de l’île de Montréal. Pour cette raison, ce projet doit aller de l’avant. Il doit toutefois être socialement accepté et ne pas constituer une injustice pour les résidants de Mercier-Est ou des autres quartiers traversés. Tout en poursuivant son analyse du projet et de ses composantes, c’est ce que le CEM-E fera valoir auprès de CDPQ Infra lors des consultations publiques du BAPE qui devraient se tenir éventuellement pour un tel projet.