Innovation. C’est certainement l’un des mots qui revient le plus souvent, particulièrement en cette ère de pandémie. Jamais il n’aura été autant d’actualité. Cette crise nous force tous à accélérer le pas, à innover mieux et plus.

Luc Sirois et Sophie D’Amours Respectivement innovateur en chef du Québec et rectrice de l’Université Laval, présidente du Conseil de l’innovation du Québec

Certes, le Québec innove, mais il peut, et doit, mieux faire. Classé au 13e rang des pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en recherche et innovation, le Québec s’est fixé des objectifs ambitieux afin de devenir une société verte et prospère. À l’horizon 2030, le gouvernement entend le positionner parmi les États les plus innovants à l’échelle mondiale.

Un défi partagé

Si l’État doit investir pour stimuler l’innovation, le secteur privé doit aussi participer et faire sienne cette vision innovante pour le Québec. En 2006, les sommes consacrées à la recherche et au développement par les entreprises québécoises se chiffraient à environ 5 milliards de dollars, soit 1,66 % du produit intérieur brut (PIB). En 2017, ces mêmes investissements ne représentaient plus que 1,37 % du PIB, une baisse de 29 points en un peu plus de 10 ans. Il sera donc nécessaire de soutenir et d’accompagner les entreprises dans le développement de leurs capacités (matérielles, intellectuelles, technologiques, organisationnelles) à innover.

La crise de la COVID-19 fait mal aux entreprises. Consacrer plus d’effort dans ces circonstances constitue un énorme défi pour plusieurs d’entre elles. Mais avons-nous vraiment le choix ?

Poser la question, c’est y répondre, car cette crise nous force à accélérer la cadence, à intensifier les transferts de connaissances, à innover plus, mais surtout, elle nous fournit une formidable occasion… d’innover mieux.

Cette crise peut constituer une fenêtre de possibilités intéressantes à saisir afin de promouvoir la culture et les vertus de l’innovation, et ainsi favoriser les investissements en innovation en proposant un modèle différent, davantage porté vers une répartition équitable des risques et des retombées que ces projets pourront générer.

Nous devons, tous ensemble, favoriser une plus grande fluidité des échanges et une meilleure collaboration entre les acteurs œuvrant dans le développement, le transfert, et la valorisation des nouvelles connaissances et idées novatrices. C’est d’ailleurs l’un des mandats de l’Innovateur en chef du Québec qui aura à jouer, ni plus ni moins, un rôle de « motivateur » en chef de l’innovation.

Audace, ambition, créativité et collaboration

Qu’elle soit sociale, technologique, organisationnelle ou culturelle, l’innovation contribuera à faire du Québec une société prospère où il fait bon vivre. Audace, ambition, créativité et collaboration sont les moteurs de notre vision. Le Québec possède les capacités scientifiques, technologiques, intellectuelles, entrepreneuriales et sociales afin de parvenir à réaliser cette vision. Son leadership est reconnu dans de nombreux secteurs. Que ce soit dans les secteurs de la santé, de la culture, de l’éducation, de l’aérospatial, de l’énergie, des ressources naturelles, de l’environnement ou de l’intelligence artificielle et des objets connectés, l’innovation a toujours été et sera toujours gage de succès.

À l’instar de l’agriculteur, nous contribuerons à cultiver les richesses de notre terreau collectif que sont les compétences, les talents, l’entrepreneuriat, la créativité et l’innovation collaborative.

Et si le dicton dit que l’on reconnaît l’arbre à ses fruits, nous devrons travailler de manière durable et augmenter la compétitivité et la productivité de nos entreprises et de nos organisations.

Durant la prochaine année, nous collaborerons avec le ministère de l’Économie et de l’Innovation et le Scientifique en chef pour animer le processus de consultation lié à la mise à jour de la Stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation (SQRI) qui arrivera à échéance en 2022. Ce sera l’occasion d’écouter nos innovatrices et nos innovateurs d’exception, nos entrepreneurs, nos institutions de recherche et nos talents, afin de nous inspirer pour faire partie des meilleurs au monde.

Au cours de son mandat, l’Innovateur en chef travaillera aussi à cerner les grands défis de société et à saisir les occasions à fort potentiel. Il travaillera de concert avec le Scientifique en chef, proposera des chantiers ambitieux, soutiendra les leaders innovants et facilitera la rencontre des différents acteurs des milieux dans le but d’accroître les retombées issues de l’innovation.

Le changement est une composante sine qua non de l’innovation. Pour innover, il faut être créatif et prendre des risques. Pour le faire avec succès, il faut s’intéresser aux conditions gagnantes et aux processus qui mènent à ces innovations. L’Innovateur en chef, avec l’appui du Conseil de l’innovation, veillera à ce que ces conditions de succès soient connues et mises en œuvre.

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