Au printemps dernier, je terminais un travail de recherche sur les citadins, leur contact avec la nature et les parcs nationaux. Dans ce travail, j’apprenais que les Québécois, particulièrement les jeunes citadins, n’ont jamais été aussi peu en contact avec la nature.

Sophie Cardinal Sophie Cardinal
Détentrice d’une maîtrise en muséologie et spécialisée en patrimoine naturel

Ce manque mène à un problème de plus en plus connu et étudié : le déficit nature. Ce déficit entraîne de nombreux effets négatifs sur la santé physique et mentale ainsi que pour la connaissance et la préservation de la nature. Dans le cadre de ce travail, je me demandais comment la SEPAQ et ses parcs nationaux peuvent aider à réduire le déficit nature chez les citadins. J’ai terminé ce travail environ au même moment où le coronavirus frappait le Québec. La crise sanitaire nous a permis de constater que les espaces verts sont en effet très précieux, particulièrement en contexte urbain.

Au début du confinement, alors que les autorités interdisaient l’accès aux parcs régionaux et provinciaux, les parcs montréalais débordaient. Certaines mesures ont même été prises afin de limiter leur accès. Depuis, il est désormais reconnu que les activités de plein air sont sécuritaires dans le cadre de la pandémie. Les sports extérieurs hivernaux sont sur le point de commencer et aucun signe ne semble nous indiquer qu’un déconfinement se fera de sitôt. C’est dans ce contexte, la semaine dernière, que circulait à l’Assemblée nationale une demande qui visait la gratuité des parcs du réseau de la SEPAQ pour tous ainsi qu’un meilleur accès aux activités hivernales dans les parcs montréalais. En effet, avec la fermeture des sports organisés intérieurs comme le hockey ou le soccer, petits et grands vont vraisemblablement se tourner vers les activités en plein air. Le gouvernement de François Legault a rejeté cette demande d’investir pour favoriser l’accès aux activités de plein air, qui figurent parmi les quelques activités sécuritaires que nous pouvons exercer en ces temps de pandémie.

Pourtant, la problématique de l’accès à la nature est présente depuis longtemps, mais est mise en lumière par la situation actuelle. En effet, mes recherches m’ont révélé certains freins pour les citadins à passer du temps à l’extérieur et en nature. Le coût à débourser fait bien sûr partie de ceux-ci.

La proposition de rendre gratuit l’accès aux parcs nationaux permettrait certainement à plusieurs citadins de profiter davantage de la nature. Il a aussi été proposé de financer les municipalités afin qu’elles aménagent des espaces extérieurs sécuritaires, afin de se divertir et de socialiser en plein air. Cette idée répondrait à une autre problématique, celle de l’accès à la nature en milieu urbain, à travers la multiplication des lieux de contacts avec celle-ci. D’ailleurs, permettre l’accès au Jardin botanique, lieu important de contact avec la nature dans l’est de Montréal, serait un bon pas en ce sens. De plus, ce financement permettrait le prêt d’équipement, ce qui représenterait une occasion pour beaucoup d’adultes et d’enfants d’être initiés aux sports hivernaux.

Toutefois, au lieu de proposer des solutions concrètes pour aider la population québécoise à passer au travers de la pandémie, le gouvernement Legault a plutôt choisi de se tourner vers les menaces de répression pour des rassemblements illégaux. Notre gouvernement devrait considérer ces idées qui, en plus de favoriser l’accès à des activités sécuritaires en temps de pandémie, sont aussi innovantes pour améliorer à plus long terme l’accès à la nature aux habitants de Montréal, une ville avec un déficit de plus en plus grand en espaces verts.