Le gouvernement a bien compris que les Québécois avaient besoin de se retrouver en famille ou entre amis pour la période des Fêtes après ces mois de confinement. Nos élus ont donc travaillé sur un plan pour nous permettre de nous réunir malgré les risques qui y sont associés. Le premier ministre a justifié sa décision en expliquant que les Québécois avaient besoin de faire le plein d’énergie et que la famille était au cœur de la nation québécoise.

Guillaume Cliche-Rivard et Stéphanie Valois
Respectivement président et vice-présidente, section refuge et humanitaire, de l’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration, et plus de 130 autres signataires*

Or, qu’en est-il de nos anges gardiens et autres travailleuses et travailleurs à statut d’immigration précaire ? Ils font bel et bien partie de notre communauté, travaillant pendant la pandémie, auprès de nous, des membres de notre famille, dans le domaine de la santé, mais également de l’alimentation et de l’approvisionnement afin que nous ne manquions de rien. Après tout, c’est grâce à ces derniers, travaillant dans de nombreuses industries du Québec, que nos chaînes d’approvisionnement n’ont manqué de rien et que les tablettes des différentes surfaces sont demeurées pleines. C’est grâce à eux aussi, après tout, que nous pourrons nous réunir quelques jours dans ces temps difficiles.

Malgré une promesse d’obtention de la résidence permanente pour certains anges gardiens, ce programme n’a toujours pas été concrétisé, et ce, près de six mois suivant les premières tractations.

Il demeure toujours impossible pour nos anges gardiens, qui continuent pourtant de travailler courageusement auprès de nos concitoyens les plus vulnérables, de déposer un dossier de résidence permanente. Il leur est aussi encore impossible d’espérer ou d’imaginer un temps des Fêtes en famille, même lointain, pour les nombreux dont la famille se trouve à l’étranger. En effet, tant que ces travailleurs essentiels n’auront pas de statut permanent, ils ne pourront pas débuter les démarches afin d’être réunis avec leurs proches qui sont toujours dans leur pays d’origine, vivant souvent dans des conditions difficiles.

L’ouverture du premier ministre à l’idée d’un élargissement dudit futur programme de régularisation a pu en réjouir plus d’un et leur avait fourni un deuxième, voire un troisième souffle, pour passer au travers de ces temps difficiles malgré la fatigue grandissante. À quelques semaines de nos retrouvailles en famille, il nous semble essentiel de remettre cette idée sur la table afin qu’un programme généreux à la grandeur de leur bravoure leur soit offert.

Cette pandémie nous a bien fait comprendre combien il était difficile d’être séparé de nos proches. Soyons conséquents et permettons aux travailleuses et travailleurs à statut précaire du Québec ayant travaillé dans les services essentiels d’accéder à un statut permanent afin qu’eux aussi puissent enfin être réunis avec leurs proches. Comme le dit si bien le premier ministre, la famille est bel et bien au cœur de notre nation et ces travailleurs font désormais partie de cette grande famille.

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