Les auteurs s’adressent au premier ministre, François Legault, au ministre de la Santé, Christian Dubé, au directeur national de santé publique, Horacio Arruda et au ministre de l’Éducation, François Roberge

Sébastien Caron Sébastien Caron
Président du Club de ski Sutton, et 27 autres signataires*

Messieurs, notre sport n’est pas le plus connu du grand public. Toutefois, nos enfants et nos adolescents qui le pratiquent partagent les mêmes idéaux que tous les jeunes athlètes québécois, peu importe le sport qui les passionne. Leur sport, c’est non seulement une partie de leur vie et une pierre d’assise de leur équilibre mental, mais c’est aussi l’occasion de se dépasser, de développer leur confiance en soi et même, pour certains, de rêver aux Jeux olympiques, des étoiles plein les yeux.

Notre sport, c’est le ski alpin de compétition. Il se pratique à l’extérieur dans un vaste environnement naturel. C’est un sport individuel, sans contact. En ski alpin, comme en ski de fond ou en ski acrobatique, les participants portent en tout temps des protections oculaires et des gants. Le cache-cou ou le couvre-visage font déjà partie du quotidien.

Si la pratique du ski en station est permise pour l’instant, celle du ski de compétition, et même de l’entraînement uniquement, est compromise l’hiver prochain. En effet, les règles actuellement en vigueur dans les zones rouges semblent être un obstacle à la poursuite de l'entraînement en parcours, même individuel. Pourtant, le jeune athlète de ski de compétition évolue sur la même montagne que les autres skieurs, dans un environnement de plein air, à la seule différence qu’il peut recevoir à distance les conseils d’un entraîneur.

L’application des règles actuelles, sans de légères adaptations qui pourraient être implantées aisément, porte à conséquence. Pour la plupart de nos jeunes athlètes, c’est une activité physique importante et cela fait partie de leur équilibre mental. Pour d’autres, qui aspirent à faire partie de l’élite, c’est une cruelle saison de retard dans leur développement.

Les mesures sanitaires sont pourtant faciles à appliquer dans notre sport. Porter le masque n’est pas une contrainte, puisque nous portons presque toujours un cache-cou couvrant le visage jusqu’aux lunettes.

Dans nos clubs de ski, les athlètes évoluent habituellement en petits groupes d’entraînement dans lesquels la distanciation minimale de deux mètres est très facile à imposer et à maintenir en tout temps entre les participants. La totalité de nos activités se déroule à l’extérieur et aucun contact entre les entraîneurs et les athlètes n’est permis à l’intérieur. À l’extérieur, les entraîneurs peuvent échanger avec les athlètes en maintenant la distance de deux mètres. Même nos plus jeunes athlètes sont autonomes, il n’y a aucun partage d’équipement et ils se conforment aux règles applicables à tous les autres skieurs.

Nous évoluons dans une discipline où des risques de sécurité doivent être gérés et des protocoles stricts doivent être appliqués. Notre équipe d’entraîneurs est formée et entraînée à suivre un protocole comprenant des mesures permettant à nos jeunes de pratiquer le sport en toute sécurité. Notre organisation est à même de mettre en place des mesures sanitaires, car l’application de tels protocoles de sécurité fait déjà partie de la culture d’une organisation comme la nôtre.

Il est reconnu par tous les spécialistes que le sport organisé est bénéfique au bien-être de nos enfants et de nos adolescents. Ces jeunes ont besoin d’occuper leurs journées et il devient de plus en plus difficile pour les parents d’interdire toute activité autre que l’école. Une activité organisée comme le ski est un outil efficace et sécuritaire pour réduire leur isolement et maintenir leur santé physique, mentale et émotionnelle. Notre expertise, la nature de notre sport et l’environnement unique dans lequel nous le pratiquons nous amènent à vouloir offrir notre aide et notre expertise pour améliorer le bien-être de nos jeunes sportifs.

En collaboration avec les autorités sanitaires, nous demandons de faire partie de la solution pour permettre à notre sport, un sport extérieur individuel et sans contact, d’être identifié comme un sport organisé prioritaire à redémarrer dès maintenant et ainsi contribuer à préserver la santé globale de nos enfants et adolescents.

Nous vous prions de croire au sérieux et à la crédibilité de notre démarche et espérons recevoir rapidement une réponse favorable en vue de collaborer à mettre en place un cadre sécuritaire pour la poursuite de l’entraînement de ski cet hiver.

*Cosignataires : Nicolas Belzile, entraîneur-chef du Club de ski Stoneham ; Isabelle Reid, présidente du Club de ski Tremblant ; Bernard Trottier, philanthrope du monde des athlètes ; Jean-Luc Brassard, champion olympique ; Louis Dononue, président du Club de ski Orford ; Stéphane Rivard, président du Club de ski Owl’s Head ; Martin Durocher, entraîneur-chef du Club de ski Sutton ; Erik Guay, ex-athlète de l’équipe nationale ; Julien Cousineau, ex-athlète de l’équipe nationale ; Simon Fournier, athlète de l’équipe nationale ; Valérie Grenier, athlète de l’équipe nationale ; Francois Bourque, ex-athlète de l’équipe nationale ; Jocelyn Huot, entraîneur-chef du Club de ski Tremblant ; Francis Royal, entraîneur-chef de Ski Québec Alpin ; Michel Huot, entraîneur-chef des Carabins de l’Université de Montréal ; Mathieu Lauzon, entraîneur-chef du Sommets Saint-Sauveur ; Ryan Malmberg, entraîneur-chef du Club Mont Sainte-Marie ; Derek Podorieszach, entraîneur-chef à Mont-Sainte-Anne ; Marie Couture, entraîneure à Mont-Sainte-Anne ; Sven Pouliot, entraîneur-chef du Rouge et Or de l’Université Laval ; Brigitte Trottier, propriétaire de Ski Town ; Jean Philippe Roy, ex-athlète de l’équipe nationale/NCO U16 ; Marie-Pier Jourdain, entraîneure-chef du Club de ski Belle Neige ; Stéphanie P. Simard, entraîneure-chef du Club de ski Orford ; Laurence St-Germain, athlète de l’équipe nationale ; Cedomir Tanackovic, entraîneur-chef du Club de ski Owl’s Head ; Sunny Verreault, entraîneur-chef du Club Le Relais