Le gouvernement du Québec parle du bout des lèvres d’un possible souper de Noël à deux ménages. Ce n’est pas assez. La période de Noël est la plus difficile pour les personnes seules, en deuil ou tout simplement touchées par cette longue pandémie. Il y a moyen de faire un grand plan de confinement de 14 jours pour enfin faire un câlin à grand-maman, qui craint de ne pouvoir embrasser ses petits-enfants avant longtemps.

Julie Beauséjour Julie Beauséjour
Vice-présidente chez EXP, firme d’ingénierie

La grande majorité des familles québécoises font leur possible pour aplatir la courbe depuis neuf mois. Malgré tout, le nombre de nouveaux cas quotidiens ne diminue pas, voire augmente légèrement, et le système de santé dans la plupart des régions du Québec ne pourrait pas supporter une hausse des cas liée aux contacts familiaux de la période des Fêtes. Ne nous mettons pas la tête dans le sable : plusieurs personnes sont sur le bord de craquer et ont l'intention de voir leurs proches en groupe pour Noël, faisant fi des directives du gouvernement.

Que faire dans cette situation ?

Est-ce envisageable que chacun – citoyens, entreprises et gouvernements – mette la main à la pâte dans le cadre d’un vaste plan spécial, comme un calendrier de l’Avent, en vue de permettre de « vraies » retrouvailles à Noël ?

Sachant que, selon l’Institut national de santé publique du Québec, les trois quarts des cas de COVID-19 de cette seconde vague surviennent à l’école et au travail, planifions dès maintenant un confinement strict de deux semaines avant Noël : une fermeture des écoles et des entreprises non essentielles du Québec du 9 au 23 décembre ; un programme de soutien financier aux petites entreprises et aux employés ; des tests de dépistage offerts à tous les travailleurs des services essentiels ; une campagne de publicité pour rappeler de planifier les achats québécois avant ce confinement.

Les plus privilégiés d’entre nous pourront se permettre un confinement de 14 jours en télétravail, pour voir leurs proches en sécurité à Noël.

Pour offrir cette même chance à l’ensemble de la population, le gouvernement doit fermer les entreprises non essentielles et les écoles.

Si nous l’annonçons dès maintenant, nous pourrons acheter nos cadeaux de Noël à l’avance, sans priver nos commerçants de cette manne essentielle à leur prospérité, prévoir une épicerie pour deux semaines et survivre sans Costco. Il faut aussi fortement encourager les Québécois à soutenir nos petits commerces locaux déjà durement ébranlés.

Bien sûr, tout ne sera pas parfait ou imperméable. Mais si nous unissons nos efforts de confinement durant le mois de décembre, particulièrement du 9 au 23, nous avons la chance de diminuer les cas pour soulager le réseau de la santé.

Pour notre santé mentale, pour nos familles, et surtout pour tous ceux et celles qui tiennent le fort depuis neuf mois.