L’auteur s’adresse au ministre de la Santé, Christian Dubé

Raefer Wallis
Raefer Wallis Président-directeur général de Green Ideas, Green Actions (GIGA)

Monsieur le Ministre, il est scientifiquement établi que le coronavirus circule par aérosols au-delà des fameux deux mètres de distanciation physique. Il est urgent de passer à l’action dès maintenant pour éviter une reprise de la contagion dans nos écoles.

Et pour ce faire, il est d’abord nécessaire d’évaluer la qualité de l’air. Cela se fait à l’aide de capteurs homologués, de logiciels appropriés et d’algorithmes. Ainsi, on peut recueillir et partager en temps réel aux occupants d’un immeuble le niveau d’optimisation de la qualité de l’air et par conséquent, la probabilité de transmission de virus par aérosols, y compris le coronavirus. La technologie existe — une technologie québécoise !

Il est incroyable de constater à quel point on ne mesure pas la qualité de l’air en ces temps de pandémie.

Les virus sont logés à l’intérieur de gouttelettes d’eau qui sont mesurables. Or, la survie des virus tout comme le fonctionnement de notre système immunitaire sont hautement influencés par la température, l’humidité et la présence de particules solides. Tous ces paramètres de qualité de l’air sont mesurables en temps réel. Ajoutons enfin que la concentration des virus en suspension dans l’air est directement liée à celle du CO2, qui elle aussi est mesurable.

L’urgence d’agir

L’autorité américaine en santé publique, les CDC, l’a démontré : le virus se propage par aérosols. De nombreux médecins ont aussi pris la parole pour nous mettre en garde contre cette menace. Les solutions existent pour connaître la probabilité de propagation dans un bâtiment. Nos écoles, nos CHSLD, nos lieux de travail peuvent nous « dire » si la qualité de l’air qu’on y respire réduit ou favorise la transmission du virus grâce aux technologies existantes. Qu’est-ce qu’on attend ?

Deux façons simples de réduire le risque

Il existe principalement deux manières de réduire le risque de transmission. Tout le monde connaît la première : le port du masque. Comme on le sait, son efficacité tient au fait qu’il limite le nombre de particules du virus dans l’air en les captant à la source.

La seconde, c’est de nettoyer l’air, soit par filtration ou par dilution. Lorsqu’une personne contaminée tousse ou parle dans un lieu où l’air circule mal ou même pas du tout, on sait que le virus peut dès lors demeurer longtemps en suspension et en concentration importante. À l’inverse, lorsque la circulation d’air est appropriée, soit avec de l’air extérieur ou par des filtres, les particules se diluent ou sont absorbées rapidement.

En installant des systèmes (petits ou grands) capables d’échanger et de filtrer l’air selon les données venant de capteurs, il est donc possible de connaître la santé d’un bâtiment particulier et de la contrôler.

Dans le cas où la qualité de l’air se détériore, il est possible de cerner la source du problème et les solutions qui peuvent s’appliquer pour revenir à une situation normale.

De cette façon, nous pourrions maintenir une bonne qualité de l’air à l’intérieur d’une école, d’un CHSLD ou d’un espace de bureaux et ainsi significativement réduire le risque de transmission du virus. Et tout cela, nous pourrions le faire maintenant afin de laisser nos enfants revenir à l’école après les Fêtes, sans délai et avec beaucoup moins d’anxiété.

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