La Fédération des policiers et policières municipaux du Québec demande depuis plus d’un an le déploiement à grande échelle d’équipes mixtes avec des travailleurs sociaux

François Lemay
François Lemay Président de la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec

Lors de son point de presse du mardi 3 novembre, en répondant à une question d’un journaliste, le premier ministre du Québec a déclaré : « Il n’est pas toujours facile de négocier avec les syndicats de policiers, mais on aimerait regarder pour avoir des patrouilles mixtes, parce qu’il y a des problèmes sociaux qui actuellement sont parfois traités par des policiers. » Pourtant, la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec (FPMQ) cherche à être un allié du gouvernement dans ce dossier.

Je dois rappeler au premier ministre du Québec que nous demandons depuis plus d’un an que le ministère de la Sécurité publique (MSP) et celui de la Santé et des Services sociaux (MSSS) cessent de travailler en silo sur la question de la santé psychologique. C’est même sur ce sujet que j’ai fait ma première sortie médiatique à titre de président de la FPMQ en juin 2019. Nous voulons plus d’équipes d’intervention mixte avec des policiers et des travailleurs sociaux sur le terrain. Nous l’avons dit à plusieurs reprises : nous sommes ouverts à toutes les solutions qui permettront d’améliorer nos interventions.

Je m’explique donc très mal la déclaration du premier ministre. J’ai demandé, il y a plus d’un an déjà, une action gouvernementale concertée afin d’enrayer le problème.

J’en ai même parlé lors d’une rencontre avec la ministre de la Santé et des Services sociaux le 6 novembre 2019 à laquelle assistait un représentant du cabinet de la ministre de la Sécurité publique.

Les policiers et policières municipaux demandent depuis longtemps au gouvernement d’agir afin d’améliorer les interventions auprès des personnes ayant des troubles de santé psychologique. Qu’on ne vienne pas me dire que les syndicats policiers représentent un frein au déploiement d’équipes d’intervention mixte, nous demandions au gouvernement d’agir bien avant les événements du week-end dernier.

Iniquité dans le financement

Pour nous, la priorité a toujours été de régler la question du financement des services policiers. Alors que le coût de la police pour les villes desservies par la Sûreté du Québec (SQ) est financé à 50 % par le gouvernement du Québec, les municipalités qui ont fait le choix de la police de proximité municipale ne reçoivent rien. Cette iniquité dans le financement est d’autant plus problématique que les corps policiers municipaux sont plus à même de développer une approche communautaire qui permet de meilleures interventions lors de cas de crises causées par des maladies psychologiques.

Le gouvernement doit faire des choix : soit il finance adéquatement les services policiers et les services de soutien psychologique du MSSS afin qu’ils soient en mesure de déployer des services adaptés aux besoins en santé psychologique, soit il entretient le statu quo et la situation va continuer de se détériorer.

La balle est dans le camp de François Legault. Nous travaillerons avec le gouvernement du Québec, les villes ainsi que les directeurs de service de police afin de déployer de meilleurs services d’intervention pour les cas de troubles psychologiques parce que c’est ce que les policiers sur le terrain demandent.

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