Une étude dévoile que la détresse psychologique a atteint la moitié du monde du travail lors du premier confinement

Renée Ouimet Renée Ouimet
Directrice, Mouvement santé mentale Québec

Notre monde a basculé le 13 mars dernier avec le début officiel du confinement relié à la pandémie. Ce qui se faisait auparavant en face à face se fait désormais de la maison ou avec le plus de distanciation possible. Le télétravail et la distanciation physique sont désormais la norme, une réalité qui perdurera tant que le virus de la COVID-19 sera présent. Tout au long des derniers mois, s’il y a une chose que la pandémie nous a confirmée de façon incontestable, c’est que l’humain est bel et bien un être fondamentalement social.

Vouloir faire partie d’un groupe et sentir qu’on y a sa place est un sentiment fort, mais la crise actuelle nous oblige à trouver de nouveaux moyens pour échanger les uns avec les autres. Si certaines personnes en télétravail à la maison apprécient les horaires plus souples et s’acclimatent bien à devoir travailler seules, d’autres se sentent isolées et sont plus anxieuses qu’avant.

On remarque que les discussions virtuelles tendent à être plus brèves et plutôt axées sur le travail, et non sur la dimension humaine. Les nouvelles structures organisationnelles tendent aussi à isoler la personne de ses collègues ou patrons. Cela peut se traduire par moins de soutien émotionnel, comme l’écoute, le respect et l’empathie, ou de soutien opérationnel, comme l’aide dans l’accomplissement de tâches et le partage des responsabilités. Un faible soutien social des collègues peut aussi se traduire par moins de travail d’équipe et de partage d’information.

Bien qu’il ne soit plus à démontrer que de nourrir ce qui fait du bien et d’encourager le soutien social soient des facteurs de protection puissants pour la santé mentale, plusieurs milieux de travail ont été grandement éprouvés au cours des derniers mois et ont oublié l’importance de ces actions.

Pourtant, plus le soutien social est élevé, plus le niveau de détresse psychologique tend à diminuer. La preuve : une étude de l’Université Laval menée au printemps dernier montre que la détresse psychologique a atteint 55 % chez les travailleuses et 41 % chez les travailleurs pendant le confinement au printemps dernier. Malgré ces chiffres alarmants, on remarque que ceux et celles qui ont bénéficié du soutien de leurs collègues pendant le confinement ont vécu 14 % moins de détresse psychologique. Les données recueillies démontrent aussi que les milieux de travail bienveillants s’en sortent beaucoup mieux. Dans les entreprises où l’on encourage le dialogue sur la santé mentale, on constate 24 % moins de détresse psychologique comparativement aux entreprises où la santé mentale n’est pas priorisée par la direction.

Pourtant, miser sur le soutien social, qu’il soit en présence ou à distance, comme moyen de prévention en santé mentale peut rapporter beaucoup. C’est pourquoi mettre en place des initiatives ludiques, comme participer à une fête des voisins au travail, peut être un évènement qui exige peu d’investissement et qui permet de maintenir et de développer des liens, d’avoir du plaisir et d’apprendre à mieux connaître ses collègues.

Pour faire un premier pas dans la bonne direction en novembre, le Mouvement santé mentale Québec offre une fête des voisins au travail clé en main : des invitations, des propositions d’activités pour faire des fêtes virtuelles et même des prix à gagner.*

Prendre le temps de se rencontrer au-delà des tâches, rire, s’amuser n’est pas du temps perdu. C’est du temps pour protéger une richesse individuelle, collective et sociale, qu’est la santé mentale.

Tchin virtuel et à votre santé mentale à tous !

* Découvrez la fête des voisins au travail