Il en va de la responsabilité des personnes de 50 ans de porter cette réflexion concernant la future place des personnes âgées dans notre société

Pierrette Lavoie Ste Marie
Professeure retraitée

Actuellement, la perception de la population en regard des personnes âgées a comme effet de considérer ce groupe en marge de la société active, donc en marge des décisions. Les termes utilisés pour désigner cette génération tournent autour de mots tels que : les dépassés, les vieux, les démodés, les séniles qui coûtent cher…

La société change, peut-on y réfléchir ensemble ?

Dans un passé lointain, les familles gardaient leurs vieux à la maison ou, plus récemment, les plaçaient dans des maisons de personnes âgées. Avec le temps, les personnes âgées ont pris l’initiative de se regrouper dans des résidences mieux organisées. Certains y voient une évolution qui nous démontre une plus grande autonomie de cette génération vieillissante. Il est certain que, petit à petit, cette formule est devenue une occasion d’affaires, pour les entrepreneurs.

Le DRéjean Hébert, ancien ministre de la Santé, a proposé pour sa part de privilégier le choix de revenir à la case départ en restant dans sa résidence jusqu’à la fin, et que l’État offre de l’aide à domicile. Résidence pour personnes âgées ou maintien à domicile soutenu par l’État, ce sont des options à envisager après 65 ans.

Les personnes qui arrivent à l’âge de 65 ans entrent dans la phase de leur vie que la littérature nomme le troisième âge. Pourrait-on y apporter des nuances ?

Jeunes retraités

Entre les âges de 65 et 75 ans, les gens s’inscrivent dans un nouveau mode de vie. Après avoir été invités à se retirer par leur milieu de travail, le gouvernement leur verse une allocation mensuelle pour compenser. Ils ont des activités d’ordre professionnel, sont impliqués dans des formes de bénévolat et même dans la poursuite d’activités sportives. Ce sont les jeunes retraités.

Après 75 ans, ces personnes entrent davantage dans la phase de la vieillesse. Pour certains, la diminution des activités s’accentue et la santé peut devenir plus fragile. Cette période exige davantage de services.

Avant et après 75 ans, ce sont deux phases de vie différentes et on aurait avantage à les différencier afin d’apporter des réponses spécifiques à chacune de ces phases. On aurait également intérêt socialement et psychologiquement à étudier les besoins et particularités spécifiques qui s’y rapportent.

Plusieurs chercheurs ont étudié les différentes étapes du cycle de vie dans le but de situer le processus de changement dans la vie des individus et de déterminer les tâches et les tendances qui s’y rattachent. Les différents auteurs ont peu abordé ce que nous pourrions appeler les deux dernières phases de la vie. Une recherche permettrait une connaissance mieux ciblée des tâches et des besoins qui y sont associés.

C’est indéniable, dans peu de temps, ces deux groupes pourraient représenter 25 % des citoyens. Cette possible réalité devrait inciter nos gouvernements à inclure ce quart de la population dans le processus décisionnel. Ces personnes seront plus instruites, plus autonomes, plus en santé. Peut-être voudront-elles prendre part aux décisions communes ? Peut-être désireront-elles influencer le mode de vie et les valeurs du vivre ensemble ?

Aujourd’hui, je regarde les gens dans la cinquantaine. Ils représentent pour plusieurs d’entre eux le stade de la vie où les individus ont un impact sur la société par l’influence qu’ils ont gagnée et peuvent maintenant exercer. S’ils sont parvenus aux lieux de décisions, qu’ils soient d’ordre économique, politique ou social, ils ont alors l’occasion rêvée d’analyser leurs besoins futurs et de prévoir les ressources qui leur seront nécessaires.

À l’aube de mes 85 ans, je considère donc qu’il en va de la responsabilité des personnes de 50 ans de porter cette réflexion concernant la future place des personnes âgées dans notre société.