Au début de la pandémie, les autorités disaient qu’il n’y avait pas de manuel pour y faire face et que c’était comme construire un avion en plein vol.

Martin Landry Martin Landry
Chiropraticien en pratique privée à Québec et chargé de cours en chiropractie à l’Université du Québec à Trois-Rivières

Aujourd’hui, je suis peut-être guéri de la COVID-19 que j’ai peut-être eue. Je dis peut-être, parce qu’en fait, je ne le sais pas. Dix jours après avoir passé le test, le 17 septembre, je n’avais toujours pas reçu mon résultat !

Quand on passe le test, on nous donne un numéro de téléphone à appeler si on n’a pas reçu notre résultat après cinq jours. C’est une boîte vocale : depuis cinq jours, j’y laisse un message quotidiennement. Je suis asymptomatique, mais ce résultat est important pour moi, car je suis chiropraticien, donc travailleur autonome. Si je suis déclaré positif, je suis guéri et je peux travailler demain ; sinon, ma période de 14 jours se termine jeudi.

Le fait de ne pas avoir mon résultat crée une perte de soins pour mes patients et une perte de revenus pour moi alors que mes dépenses d’entreprise, elles, ne sont pas confinées.

Ma fille a reçu, le 17 septembre, un résultat positif au test qu’elle a passé le 15 septembre. La Santé publique lui a demandé ses fréquentations des derniers jours pour les contacter, mais lui a aussi demandé de les contacter elle-même pour qu’ils s’isolent en attendant que la Santé publique les appelle. Plusieurs jours ont passé avant que la Santé publique appelle les amis de ma fille. Certains amis ne se sont pas isolés. Ils ont peut-être transmis le virus. C’est moins convaincant, un appel de ta chum de 14 ans que celui de la Santé publique.

Le 23 septembre, après six jours d’attente, je retourne passer un test. La personne à l’accueil me dit que tant que je n’ai pas de résultat positif, je peux travailler. Je lui ai pourtant dit que ma fille a reçu un résultat positif. Il me répond que c’est ce qu’ils disent aux gens. Incrédule, je pose à la personne qui fait mon prélèvement la même question… avec la même réponse. Le centre de dépistage conseille aux gens en contact avec un cas positif d’aller travailler !

Étant donné que je savais qu’un contact avec une personne positive implique qu’on doit s’isoler 14 jours, j’ai appelé la ligne info-COVID-19 pour savoir s’il y a de nouvelles directives, ce dont je doute. J’appelle surtout pour leur signaler que leurs employés manquent peut-être de formation et qu’il faudrait, sans leur taper sur les doigts, leur faire un rappel des consignes. La personne qui me répond demande à son superviseur quelle est la ligne à suivre, et celui-ci dit que si j’ai un résultat négatif, je peux retourner travailler. Cela est également faux. C’est écrit noir sur blanc dans les consignes que si on a eu un contact rapproché avec une personne positive, on doit s’isoler 14 jours. Comment se fait-il que les gens qui font le dépistage et ceux qui répondent à la ligne info-COVID-19 répondent n’importe quoi ?

Si les directives qu’on donne au personnel sont aussi claires que celles que le gouvernement et la Santé publique nous donnent, on comprend qu’ils soient mêlés…

N’ayant toujours pas de résultat, je rappelle la ligne info-COVID-19 et ils me transfèrent à la centrale de rendez-vous. Une dame très gentille et compréhensive m’explique qu’il y a eu des problèmes au centre de prélèvement où je suis allé et que les laboratoires sont débordés. Quelle n’est pas ma surprise quand elle me dit que ça ne donne rien de faire un autre test, car je n’aurai pas le résultat non plus ! Elle me conseille de porter plainte au commissaire aux plaintes du CIUSSS et me donne le numéro de téléphone. Je tombe sur une boîte vocale où on dit qu’on va nous rappeler dans les deux jours ouvrables. Je me demande si ce sont les mêmes deux jours que pour le résultat du test.

Le Québec a un des pires classements au monde pour la COVID-19. Il me semble que quand on finit dernier, une des choses à faire est de se demander si on garde le même coach, le pilote. Le DHoracio Arruda a vu son mandat renouvelé pour trois ans l’été dernier. On s’enligne très bien pour finir encore dernier dans la deuxième saison de COVID-19. Maudite semaine de relâche !