Le contexte actuel et sans précédent a mis en lumière la nécessité d’accélérer la transformation numérique de l’éducation au Québec, que certains réclament depuis des années.

Shawn Young
Shawn Young Président de l’Association EDTEQ

Heureusement, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur avait déjà amorcé le virage en 2018 en lançant son Plan d’action numérique. Malgré cela, la première vague de la COVID-19 du printemps dernier a pris tout le monde au dépourvu. Il faut désormais que le Ministère et le réseau de l’éducation soient prêts à faire face à une deuxième vague en plus de préparer l’avenir.

L’Association EDTEQ regroupe des dizaines d’entreprises et d’organismes québécois en technologie éducative. Nous tenons à prendre la parole, car nous possédons une expertise en matière de pédagogie numérique qui va au-delà de la webdiffusion de cours magistraux. Nous sommes convaincus que le numérique est une source d’innovation et d’impact pour le milieu de l’éducation. Il est primordial que les réflexions globales post-COVID-19 soient amorcées, car il en va de l’avenir du réseau de l’éducation et de l’enseignement.

Des travaux sont déjà en cours au Ministère où les équipes sont à pied d’œuvre : le site de l’École ouverte, le projet de plateforme de ressources éducatives numériques, la formation des enseignants et des réflexions sur la formation à distance, l’accessibilité et les normes de qualité en sont quelques exemples. De plus, des sommes ont été allouées pour l’achat d’ordinateurs et de tablettes afin de permettre un accès plus équitable à ces ressources et de contribuer à combler le fossé numérique.

Mais nous pouvons faire plus et nous pouvons faire mieux pour que ces technologies soient au service de l’élève et des approches pédagogiques, auxquelles elles apportent une réelle valeur ajoutée.

Les outils numériques utilisés en classe ne sont pas que des jeux et des distractions. Ils permettent au contraire de diminuer le facteur de distraction et d’augmenter l’engagement des élèves. C’est dans cette optique que nous souhaitons collaborer étroitement avec le ministre, le Ministère, les acteurs du réseau et tous ceux qui ont à cœur la cause de l’éducation au Québec.

La première étape essentielle vers une plus grande inclusion des outils numériques à l’école et à la maison est une mise à jour – on pourrait même dire « mise au siècle » – de la Loi sur l’instruction publique (LIP). Présentement, l’article 7 ne permet de facturer aux parents que des documents dans lesquels l’élève écrit, dessine et découpe. La Loi encourage donc l’achat de matériel imprimé et freine en quelque sorte l’innovation pédagogique par le numérique, que stimulerait, par exemple, le droit à la facturation pour des achats et des abonnements d’applications et de logiciels.

Modifier l’article 7 de la Loi pour y considérer les « traces numériques » comme étant aussi des témoins du parcours de l’élève ne signifiera pas facturer davantage aux parents ni transformer la totalité du temps passé devant un livre en temps d’écran, mais plutôt de fixer des paramètres qui élargissent l’éventail et la qualité des ressources que les enseignants, les directions et les conseils d’établissement pourront proposer aux élèves et aux familles.

Surtout, on pourra de cette façon combler l’écart entre le réseau public et les établissements privés en matière d’inclusion du numérique dans le parcours scolaire.

Cela assurera également une équité entre l’ensemble des organismes et des entreprises qui œuvrent en éducation au Québec. Nous encourageons également la poursuite des efforts pour faciliter l’accès aux tablettes et aux ordinateurs à des fins éducatives.

L’école se doit d’être innovante et de s’allier à des partenaires de la communauté pour soutenir adéquatement les élèves, les familles, le personnel et les institutions.

Il faut pour cela qu’il y ait une réelle ouverture en éducation et une volonté de réduire les irritants afin d’évoluer dans un cadre plus flexible et mieux adapté aux réalités qui nous rattrapent.

C’est en mettant en commun nos énergies, nos ressources et nos talents que nous participons à améliorer l’apprentissage et à favoriser la réussite de tous.

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