La rentrée scolaire arrive. Et avec elle, un stress sans précédent pour les familles, les enseignants, enseignantes et autres acteurs du milieu de l’éducation. Pas surprenant alors que le débat entourant la sécurité dans les écoles en ces temps de pandémie soit des plus clivants. Chose certaine, la solution miracle pour rassurer tout le monde est difficile à trouver. Mais, entre les spécialistes qui ne veulent pas qu’on couvre le visage des jeunes et les autres qui réclament le port du masque dans les classes, il y a peut-être un compromis.

Boucar Diouf
Boucar Diouf Humoriste, conteur, biologiste et animateur

Permettez-moi humblement de jouer au technocrate dans ce premier texte et de proposer quelque chose qui vient de ma blonde. Je sais que l’idée est bien loin des choix de la Santé publique pour débuter l’année scolaire, mais advenant des éclosions dans les écoles, cette proposition de compromis pourrait peut-être réduire les risques de contamination. Si je me permets de la présenter un peu tardivement, c’est parce que le gouvernement se dit ouvert aux changements de stratégie en cas de pépins.

De quoi s’agit-il ?

Il est facile de comprendre que faire porter des masques à des jeunes pendant toute une journée est difficile à envisager. Alors, pourquoi ne pas leur faire porter alternativement le masque ?

ILLUSTRATION FOURNIE PAR L’AUTEUR

La proposition de Boucar Diouf : les élèves porteraient le masque à tour de rôle.

Il est relativement facile pour la très grande majorité des jeunes de supporter un masque pendant une heure et de l’enlever. Alors, imaginez que l’enseignante arrive en classe avec deux couleurs de pastille. Disons des pastilles bleues et rouges. Elle dépose les deux couleurs en alternance sur les pupitres avant l’arrivée des élèves. Quand la cloche sonne et les jeunes entrent en classe, elle demande aux jeunes qui ont une pastille rouge devant eux de porter leur masque. Les bleus restent sans masque. Avant de commencer le cours, l’enseignante demande aussi aux jeunes qui ne portent pas de masque de garder le silence pendant l’heure qui va suivre. À moins d’une urgence, seuls les élèves qui sont masqués ont préférentiellement droit de parole. Cette disposition permettrait probablement de diminuer les risques de circulation de gouttelettes dans la classe.

Au bout d’une heure, l’enseignante annonce un changement des rôles. Les rouges enlèvent leurs masques et les rangent. C’est maintenant autour des bleus d’être masqués pendant que les rouges se reposent silencieusement.

Ils remettront leurs masques et retrouveront le droit de parler à l’heure suivante. De cette façon, en ayant en tout temps un jeune masqué entre deux autres qui ne portent pas de masque, on crée une forme de distanciation qui n’est pas parfaite, mais qui pourrait peut-être faire la différence dans les classes bondées.

Le gouvernement a choisi un plan qui risque certainement de mener à quelques turbulences en milieu scolaire. Advenant des éclosions importantes dans les classes-bulles, je crois que cette façon de fonctionner pourrait faire une petite différence. En plus, elle est facilement applicable au secondaire comme stratégie de distanciation physique maintenant que la diminution du nombre d’élèves par classe n’est plus une option. Est-ce qu’elle sera très significativement efficace ? Je ne sais pas. Mais chose certaine, il est mieux d’essayer quelque chose qui marche à 30 ou 40 % que rien du tout. En plus, ce serait bien de mettre toutes les chances de notre côté pour ne pas être, une fois de plus, les cancres du Canada en cette deuxième phase de la pandémie, qui pourrait se jouer beaucoup dans les écoles.

Content de vous retrouver dans ces pages, chers lecteurs et lectrices !