L’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) a décidé de passer à l’action et de se donner les moyens pour s’attaquer aux enjeux de racisme et de discrimination. Nous avons décidé d’aborder de front la situation et comptons déposer sous peu notre propre plan afin de créer un espace pour un dialogue avec la population québécoise.

Ghislain Picard Ghislain Picard
Chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador

Nous sommes convaincus que les Québécois sont sensibles et disposés à la recherche de réelles solutions. Aussi, nous savons que de nombreux alliés de la société civile pourraient être intéressés à se joindre à nous pour mener la lutte contre le racisme et la discrimination.

Cette conviction est d’ailleurs confirmée par un sondage mené en juillet par Léger, qui démontre sans grande surprise que la quasi-totalité (92 %) des Québécois reconnaissent que les Premières Nations font l’objet de racisme ou de discrimination. Dans ce sondage, on apprend aussi que presque les trois quarts des Québécois sont d’avis que les Premières Nations ne sont pas traitées sur le même pied que les autres citoyens.

Les résultats du sondage confirment le progrès réalisé au cours des dernières années dans la population québécoise, dont l’opinion est plus ouverte à la reconnaissance des spécificités distinctives des Premières Nations.

C’est sur cette base, et non sur une approche idéologique, que doivent reposer les actions contre le racisme et la discrimination dans toutes les sphères de la société. Et c’est sur cette base solide que nous souhaitons créer un réseau d’alliances afin que les choses changent vraiment.

Nous avons décidé d’emprunter cette voie parce qu’à ce jour, les gouvernements n’ont pas fait la démonstration que la lutte contre le racisme et la discrimination est une priorité qui exige des actions immédiates. Le temps des enquêtes est révolu. Avec la création d’un groupe d’action tel qu’annoncé par le gouvernement du Québec le 15 juin dernier, nous jugeons l’approche préconisée par le gouvernement Legault beaucoup trop partisane alors que le racisme et la discrimination, tout comme les enjeux des Premières Nations, doivent se situer au-delà des intérêts spécifiques aux partis politiques. Le respect des droits de la personne est un enjeu de société.

Nous ne sommes pas des groupes minoritaires. Nous formons des nations distinctes qui ont le droit de s’épanouir.

Tout en reconnaissant que nos sœurs et nos frères de toutes origines vivent également le racisme et la discrimination, nous devons apporter une nuance importante au fait que nos peuples vivent également un racisme structurel qui découle de plusieurs centaines d’années de politiques colonialistes.

Qu’il soit qualifié de « systémique », de « structurel » ou autrement, on ne peut plus nier qu’il existe une injustice aux conséquences discriminatoires dans de nombreuses lois, politiques et actions gouvernementales. Il est temps d’arrêter de contourner et de nier cette situation pourtant évidente. Il faut la reconnaître, y faire face et la corriger.

Je tends la main à toutes les personnes et les organisations qui veulent faire une différence et souhaitent travailler avec nous dans cette voie vers une véritable réconciliation à se manifester et à se joindre à nos efforts. Ensemble, nous pouvons créer de nouvelles alliances pour de meilleures relations à l’avenir.