Le gouvernement Trudeau traverse une troisième tempête éthique en moins de cinq ans.

BERNARD BLACKBURN BERNARD BLACKBURN
Expert en gouvernance et en éthique, président et conseiller principal chez Guberna Services Conseils

Il y a eu en 2017 les vacances chez l’Aga Khan, l’affaire SNC Lavalin en 2019 et maintenant, en 2020, l’affaire UNIS. Trois tempêtes avec un dénominateur commun : le manque de sensibilité éthique et de leadership éthique de la part de Justin Trudeau.

La sensibilité éthique est la capacité de reconnaître les aspects éthiques d’une situation, de percevoir les enjeux et les problèmes éthiques, et d’intégrer la dimension éthique dans sa réflexion. Le leadership éthique réside dans la capacité pour un dirigeant (un premier ministre, par exemple) de faire preuve d’exemplarité en matière d’éthique, de donner l’exemple en paroles et en gestes, de rappeler que l’éthique est l’affaire de tous, de transmettre des messages clairs et cohérents et de prendre l’engagement d’être transparent dans l’exercice de ses fonctions.

La sensibilité éthique et le leadership éthique sont interreliés. On ne peut pas être un leader éthique si on n’a pas développé au préalable sa sensibilité éthique.

Fait important à mentionner, la capacité à faire preuve de sensibilité éthique peut s’acquérir et se développer. Monsieur Trudeau doit donc impérativement développer sa sensibilité éthique et espérer devenir un véritable leader éthique. S’il n’agit pas en ce sens, la question n’est pas de savoir si le gouvernement Trudeau sera frappé par une quatrième tempête éthique, mais plutôt quand elle aura lieu.