En réponse au texte de Denis Lessard, « Un tramway nommé périr… », publié le 17 juillet

Régis Labeaume Régis Labeaume
Maire de Québec

M. Lessard, concernant vos derniers élans dans un texte titré « Un tramway nommé périr… », je me dois de corriger plusieurs maladresses et inexactitudes.

Tout d’abord, nous ne triturons pas le projet de transport structurant de Québec ; nous y travaillons avec certains des meilleurs experts et firmes du monde comme SYSTRA, WSP, HATCH, CIMA+. Informez-vous sur ces experts et ces firmes que nous avons embauchés, dont plusieurs sont reconnus internationalement, et vous comprendrez que vous faites complètement fausse route. À moins que vous n’ayez développé une contre-expertise que nous ignorons. De plus, le site web du réseau structurant contient des milliers et des milliers de pages de rapports et d’études produites par eux.

Ce projet n’a pas été grossièrement sous-évalué alors que vous affirmez qu’il aurait fallu parler de 5 milliards. Faux. Les évaluations de nos experts, qui en ont construit bien d’autres dans le monde, ont démontré après des analyses poussées que son coût réel aurait dû être de 4 milliards au lieu de 3,3 milliards de dollars.

Qu’avons-nous décidé pour ramener le projet à l’intérieur du budget consenti par le gouvernement du Québec ?

Nous avons fait des choix dont celui de prendre nos responsabilités et de ramener le coût total à 3,3 milliards. Nous avons justement décidé de respecter notre parole. Je sais, ça vous surprend, c’est rare au Québec que des administrations publiques procèdent ainsi dans de grands projets.

Je comprends également que vous avez décidé que j’avais des préférences ou des sympathies particulières pour un ou des partis politiques… Oui, j’ai des préférences politiques ; ma préférence est toujours de travailler avec le parti qui forme le gouvernement pour respecter le mandat de mes concitoyens et concitoyennes. Depuis que je suis maire de Québec, j’en suis à mon sixième premier ministre, donc à ma sixième préférence !

Là où vous avez raison toutefois, c’est lorsque vous écrivez que nous avons invité deux environnementalistes respectés à Québec dans le comité directeur de notre projet qui comprend par ailleurs une douzaine de personnes provenant du milieu du transport urbain, entre autres ferroviaire et du milieu des affaires. Mais sachez que lorsque nous les avons invités, nous ne les avons pas obligés à une prise de sang pour connaître leurs opinions sur tout. De la même manière, nous ne leur avons pas imposé d’opinions politiques sur d’autres sujets. D’ailleurs, ces mêmes personnes et organisations ne se sont pas privées de nous critiquer dans les dernières années quand elles croyaient devoir le faire.

Toutes ces personnes sont là pour leurs compétences et, dans les deux cas qui vous intéressent, pour leur expertise en développement durable, expertise qui nous a été fort utile jusqu’à maintenant. Nous avons décidé d’être inclusifs pour le bien du projet et nous en sommes très fiers.

Nous avons formé des instances de gouvernance dans ce projet et elles sont composées majoritairement de membres indépendants qui ne travaillent pas pour la Ville de Québec. Mieux encore, le ministère des Transports (MTQ) et la Société québécoise des infrastructures (SQI) sont représentés en permanence dans les deux instances et participent aux décisions depuis des mois.

La Ville n’a jamais demandé d’être exemptée du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). La vérité, c’est que ce sont des groupes écologistes qui ont demandé au ministre de l’Environnement de laisser tomber cet examen puisque, selon eux, plus vite le réseau de transport structurant sera construit, mieux cela vaudra pour l’environnement et la cause du développement durable.

Oui, nous avons devancé l’échéancier en mai dernier. Nous l’avons justement fait parce que le premier ministre François Legault a répété à moult occasions que le Québec aurait besoin de grands projets pour la relance économique qui doit suivre la crise sanitaire, et il a parfaitement raison.

Notre nouveau calendrier a fait en sorte que trois consortiums ont déposé la semaine dernière des demandes pour se qualifier et pouvoir présenter des soumissions pour bâtir le projet. Un accomplissement très important pour notre Bureau de projet et pour la Ville.

Actuellement, au Québec, cet investissement public dans l’économie est probablement le plus important rendu à l’étape d’appel d’offres.

Alors, si je résume, nous serons prêts à procéder dès septembre.

Quant à mon désir de réélection, vous vous adonnez encore une fois à beaucoup de spéculation. Ai-je annoncé mes intentions pour la prochaine élection ? Manifestement, vous en connaissez beaucoup plus que moi sur mes propres intentions !

La capitale nationale est la seule ville de 500 000 habitants et plus dans ce pays qui ne possède pas de réseau de transport lourd ou structurant. Il n’y a pas de quoi être fier. On en discute dans cette cité depuis des décennies. Tous les partis politiques provinciaux et fédéraux ont appuyé le projet et les budgets en infrastructures sont disponibles.

Le statu quo n’est pas une option, il faut passer à l’action maintenant. La capitale nationale mérite plus et mieux en matière de transports en commun.

> Lisez « Un tramway nommé périr… »