Plusieurs d’entre nous sonnent l’alarme depuis des décennies. Armées de démonstrations scientifiques et d’arguments rationnels, rien n’a encore suffi à convaincre nos gouvernements de l’urgence d’agir pour protéger l’avenir de nos enfants. Beaucoup de beaux discours ont été prononcés, mais les gestes n’ont pas suivi. Maintenant, on dit « ça suffit » ! Nous avons entendu l’appel à l’aide de nos enfants qui ont pris la rue plus que légitimement.

Anaïs Barbeau-Lavalette et Laure Waridel
Co-instigatrices du mouvement décentralisé Mères au front

Faute de volonté politique, nos gouvernements échouent lamentablement à mettre en place les mesures nécessaires pour limiter les émissions de gaz à effet de serre (GES). Le Canada fait plutôt le contraire en subventionnant généreusement l’industrie pétrolière, allant jusqu’à acheter un pipeline avec notre argent, au lieu d’accompagner les travailleurs et les communautés dans une vraie transition.

C’est pareil à Québec. Toujours pas de mesures adéquates en vue. Loin de là ! François Legault s’apprête à relancer une économie qui carbure à l’exploitation environnementale et sociale, plutôt que de s’engager dans la transition. Les dettes seront assumées par nos enfants et les plus vulnérables de la société, sans tirer leçon de la pandémie qui devrait nous apprendre à réfléchir et à agir autrement. Les solutions existent pourtant comme l’ont démontré les citoyens et les scientifiques coauteurs des « 101 idées pour la relance » du Pacte pour la transition. Il manque le courage et la volonté politique pour les mettre en œuvre.

Mobiliser par tous les moyens

Afin d’exiger une relance verte et juste, samedi soir, nous étions plus de 800 mères au front rassemblées lors de veillées pour la suite du monde dans une quinzaine de communautés de l’Abitibi à la Gaspésie en passant par de grandes et de petites villes, jusqu’à Caraquet au Nouveau-Brunswick.

Unies, par amour pour nos enfants et aussi par la colère provenant de l’inaction politique, nous demandons à nos élus de prendre des décisions qui permettront de créer de la richesse sociale tout en respectant les limites des écosystèmes.

Un changement de paradigme s’impose pour que la protection de la vie sur Terre telle que nous la connaissons passe avant des colonnes de chiffre qui ne comptent que de l’argent.

Parce que les stratégies utilisées jusqu’à maintenant pour convaincre nos gouvernements de changer leurs priorités n’ont pas suffi, nous devons aller plus loin pour attirer l’attention sur ce que la société a de plus précieux : ses enfants. C’est dans cet esprit qu’est né le mouvement des Mères au front. Sachant à l’avance à quel point nous serions jugées par certains, il nous a fallu du courage et de l’audace, ce que nous demandons à nos élus en exigeant une relance verte et juste. Nous avons une occasion historique unique pour nous engager de plein front dans une vraie transition. Saisissons-la !

Notre mouvement est encore naissant, mais il est déjà puissant. Nous bercerons d’un bras et brandirons l’autre. L’amour de nos enfants sera notre arme de construction massive pour la suite du monde.

> Prenez connaissance des 101 idées pour la relance