Nous sommes scientifiques, médecins et épidémiologistes, mais aussi membres de Projet Montréal (dont un ex-président et une ex-candidate), le parti municipal de la mairesse Valérie Plante et de la majorité des conseillers municipaux de Montréal. Sur ces deux plans, sanitaire et urbanistique, nous nous inquiétons de la faible utilisation actuelle des transports en commun à Montréal, de la faible proportion de personnes âgées et de la faible proportion (peut-être 50 %) d’usagers portant un masque filtrant dans le métro et les autobus. La STM et la Ville de Montréal peuvent et doivent remédier à cette situation.

Nimâ Machouf et Michel Camus
Épidémiologiste des maladies infectieuses et ex-candidate de Projet Montréal, épidémiologiste de l’environnement, ex-président de Projet Montréal et deux autres signataires membres de Projet Montréal*

Il serait très dommageable autant pour l’environnement que pour les finances ou sur le plan de l’urbanisme que la COVID-19 fasse reculer l’usage des transports collectifs à Montréal. Or, des « appels d’amitié » réalisés par des bénévoles auprès de personnes âgées ou malades isolées nous indiquent que celles-ci évitent les transports collectifs et les autres lieux publics par crainte d’attraper la COVID-19. Les gens ont aujourd’hui littéralement peur des transports en commun. Elles se plaignent que trop de gens ne portent pas le masque et ne respectent pas la distanciation. Il est injuste que ces personnes plus vulnérables à la COVID-19 et avec peu de ressources limitent leurs déplacements et leur accès aux services sanitaires parce que la négligence des autres les expose davantage à la COVID-19. D’autres secteurs de la population pourraient bien craindre de prendre les transports en commun pour des raisons semblables.

Un règlement exigeant le port du masque dans les transports collectifs les rendrait accessibles de nouveau à la clientèle plus menacée par la COVID-19 ou plus craintive en la rassurant et en la protégeant à la fois.

D’une part, des médecins (dont des infectiologues éminents) et des épidémiologistes de partout au Canada (10 juin) et au Québec (11 juin) réclament le port obligatoire du masque dans les lieux publics fermés sur la base des données scientifiques les plus récentes et de la nouvelle recommandation de l’Organisation mondiale de la santé. Porter le masque ne sert pratiquement à rien si la majorité ne le fait pas. Le port du masque généralisé doit être ajouté aux autres mesures sanitaires afin d’éviter ou d’atténuer la deuxième vague épidémique attendue. D’autre part, un sondage SOM-Cogeco du début du mois de mai a indiqué que 89 % des Montréalais sont favorable à ce que le port du masque soit rendu obligatoire dans les transports en commun.

Nous demandons donc à la Direction de santé publique de Montréal, à notre parti Projet Montréal, à la Ville de Montréal et à la Société de transport de Montréal de prendre immédiatement toutes les mesures nécessaires pour rendre le port du masque généralisé et donc obligatoire dans nos transports collectifs. C’est maintenant qu’il faut agir, avant qu’il ne soit trop tard.

*Cosignataires : Marie-Michelle Bellon, médecin, membre de Projet Montréal ; et Nancy Delagrave, physicienne, membre de Projet Montréal