À la suite de la diffusion de l’étude menée par BNP Performance philanthropique auprès de quelque 150 représentants d’organismes de bienfaisance au Québec pour connaître l’impact de la crise de la COVID-19 sur leurs activités, plusieurs faits sont à retenir et mettent en lumière des pistes de solution.

Christian Bolduc Christian Bolduc
Président-directeur général de BNP Performance philanthropique

Les données nous révèlent que plus de 90 % des organismes sont considérablement affectés par la crise de la COVID-19 et que les pertes de revenus se feront lourdement ressentir pour le deuxième trimestre de 2020. Nos organismes sont fragilisés et la situation actuelle nous montre l’importance pour eux de se doter d’un plan de contingence et de ne pas être dépendants des événements-bénéfices pour assurer leur financement.

En vous interrogeant, nous vous avons soumis deux pistes de solution envisageables pour vous appuyer dans une sortie de crise. Vous étiez 90 % à être favorables à la mise en place par les gouvernements d’un programme temporaire de bonification du crédit d’impôt pour dons de bienfaisance et 80 % à souhaiter la mise en place d’un programme d’appariement des dons de bienfaisance.

Nos gouvernements devraient donc envisager sérieusement de mettre en place des mesures de bonification des crédits d’impôt et d’appariement des dons de bienfaisance. Cela pourrait combler une partie des pertes majeures que subiront nos organismes tout en stimulant la générosité des donateurs. De plus, dans un contexte où le nombre de donateurs est en baisse significative au cours des dernières années (baisse de 33 %), de telles mesures pourraient éventuellement inciter de nombreux citoyens à se joindre à l’élan de générosité.

Il apparaît inévitable que la crise amène nos organismes de bienfaisance à repenser la structure de leurs revenus, leur dépendance à des événements-bénéfices, repenser la manière d’offrir les services, collaborer davantage avec des partenaires et fusionner avec d’autres organismes. Cependant, comme pour les entreprises, certains organismes trop fragilisés pourraient malheureusement disparaître.

J’ai insisté au cours des dernières années sur l’importance de diversifier les revenus chez nos organismes de bienfaisance, de compter sur un fonds capitalisé pour faire face aux moments difficiles et de limiter le nombre d’événements-bénéfices. La situation actuelle nous amène à poursuivre dans cette voie.

La sortie de crise créera de nombreux laissés-pour-compte et mettra en lumière l’importance pour nos organismes de bienfaisance de pouvoir répondre aux nombreux besoins qui émergeront.

De telles mesures pourraient donc permettre à nos organismes de bienfaisance de participer encore plus efficacement au rebond économique et à la relance tant souhaitée.

Bien que la situation actuelle soit inédite depuis la pandémie de grippe espagnole (1918-1919) et que d’autres vagues pourraient survenir, nous demeurons certains que le secteur caritatif pourra revenir en selle et continuer à répondre aux besoins de nos communautés.

Le secteur de la bienfaisance et des organismes sans but lucratif représente un secteur majeur pour nos communautés et l’économie canadienne. En effet, il représente plus de 170 000 organismes à but non lucratif, 8,1 % du PIB, emploie plus de 2 millions de personnes et mobilise 13 millions de bénévoles.

Pierre angulaire de nos communautés à travers le pays, ce secteur ne doit pas être oublié à travers cette crise, car il peut et doit être un élément moteur qui permettra à nos communautés de mieux rebondir et de prospérer à nouveau.

C’est pourquoi, ensemble, nous devons poursuivre nos engagements pour un écosystème philanthropique encore plus solide.