Depuis un certain temps, la pénurie de main-d’œuvre est sur toutes les lèvres. Pour ma part, j’avais du mal à saisir l’acuité de cet enjeu.

Serge Lemay Serge Lemay
Cacouna

On a souvent vu au cours des dernières années des offres d’emplois à 15, 16, voire 18 $ dollars l’heure où les employeurs devaient recruter parmi des dizaines de candidats afin de pourvoir les postes vacants. Mais force est d’admettre qu’un révélateur explicite de cette réalité m’a happé en plein visage.

En effet, un appel de candidatures bat présentement son plein et le recrutement se termine le 13 décembre pour un poste à plus de 3 millions de dollars par année et un seul curriculum vitae est sur la liste des candidats… Là, je m’incline, il y a une grave pénurie de main-d’œuvre, c’est officiel !

Ce poste fait normalement l’objet d’une élection plus ou moins démocratique, puisque le dernier mandat a été accordé dès le premier tour par une assemblée exceptionnelle où moins de 260 personnes sur les 4,3 millions de membres ont exercé leur droit de vote. 

Comme le dernier élu est le seul à se présenter pour l’instant, on pourrait croire que personne n’ose se mesurer à lui tellement il est compétent et apprécié des membres. Mais non, ce n’est pas du tout le cas.

Au contraire, il pourrait facilement se faire battre, selon moi.

Je m’explique. Les 4,3 millions de membres en question savent à quel point il a manqué à son devoir de plusieurs façons. À commencer par son devoir de protéger les informations sensibles de ses membres, un échec total puisque l’ensemble des membres de Desjardins ont vu leur identité pillée sous son mandat.

À l’instar de Monique Leroux, Guy Cormier continue à réduire les ristournes que l’ancienne présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins avait écorchées au début de son mandat à cause de la crise de 2008. Malgré le retour d’imposants profits, aucun réajustement n’a eu lieu par la suite ; on s’est ainsi éloignés de l’esprit coopératif tel qu’imaginé par Alphonse Desjardins.

Plus récemment, sous des prétextes évasifs, M. Cormier a discrédité le fait que Groupe Capitales Médias soit une coopérative et que le risque d’y investir serait trop élevé. C’est pour le moins surprenant… De plus, lors de la mort d’un des anciens présidents des plus respectés et des plus aimés, Claude Béland, M. Cormier s’est permis de dire qu’« il a certes été, à l’occasion, critique à l’égard de Desjardins, mais cela témoignait en même temps de son attachement profond envers cette institution coopérative ».

Des noms

Des noms me viennent spontanément à l’esprit pour la présidence de Desjardins, comme celui de Carlos Leitão, qui reste campé au sein de l’opposition, lui qui disait vouloir redonner aux Québécois qui l’ont accueilli en lui permettant d’occuper de très hautes et très nobles fonctions.

M. Leitão redorerait davantage le blason libéral à titre de président de Desjardins et, selon moi, il ne ferait qu’une bouchée de M. Cormier. 

Pensons aussi à Nicolas Marceau, un autre ancien ministre des Finances du Québec. Avec les compétences qu’il a et sa vision de l’économie québécoise, il serait aussi un excellent candidat capable de battre M. Cormier haut la main…

Moi qui ne connais à peu près personne dans ce milieu très fermé, si je peux en trouver deux aussi facilement, il me semble que certains spécialistes de la finance peuvent en trouver plein d’autres. Mais peut-être qu’il me manque des informations pour comprendre pourquoi personne ne lui fait face.