Nous vivons à une époque de transformation et de turbulences. De grand potentiel et de grands défis. Pour le monde – et pour des investisseurs comme la Caisse.

Michael Sabia Michael Sabia
Président et chef de la direction, Caisse de dépôt et placement du Québec

Aujourd’hui, les marchés sont au sommet. Mais la productivité est faible. Et les infrastructures insuffisantes pour répondre aux besoins. Les technologies disruptives révolutionnent nos modes de vie.

Les inégalités augmentent. Des gouvernements populistes remettent le protectionnisme à l’ordre du jour.

Et un conflit déterminant de notre époque – les États-Unis et la Chine. Un duel pour la suprématie technologique et le leadership géopolitique mondial. Le mondialisme redevient régionalisme.

Et bien sûr, le défi existentiel de notre temps : les changements climatiques.

Chaque époque doit faire face à ses propres défis. Mais cette fois-ci, il y a une différence cruciale. Par le passé, les gouvernements représentaient la réponse collective à ces défis. Aujourd’hui, le monde bouge trop vite. Plusieurs gouvernements n’y arrivent pas. Ou n’essaient même pas.

Les problèmes d’aujourd’hui sont l’affaire de tout le monde. Les entreprises, les universités, les OBNL, les citoyens et, aussi, les investisseurs qui doivent contribuer à leur résolution. C’est dans notre intérêt à tous.

Pour relever ces défis, il faut de la croissance économique. Mais pas n’importe quelle croissance.

Le monde a besoin d’une croissance pérenne, ancrée dans la productivité de l’économie réelle. D’une croissance durable, qui n’étouffe pas notre planète.

D’une croissance inclusive, pour que davantage de gens puissent en partager les bénéfices.

Les investisseurs qui pensent au-delà de la prochaine journée, du prochain mois, du prochain trimestre ont un rôle essentiel à jouer. Parce que les rendements des années à venir seront solides seulement si les économies où nous investissons sont solides. Qu’ils seront sains si notre planète est en santé.

Ensemble, les investisseurs institutionnels de long terme dans le monde ont 80 000 milliards d’actifs sous gestion. Ils peuvent changer la donne.

Mais nous devons faire plus qu’investir. Nous devons investir de façon constructive.

Au cours de la dernière décennie, nous avons réinventé la Caisse.

En respectant toujours notre engagement fondamental de servir les intérêts des Québécois, nous avons rebâti une organisation et réimaginé comment et où nous investissons. Nous avons été guidés par un impératif : investir notre capital de façon constructive. Parce que c’est le meilleur chemin, le plus sécuritaire, pour générer des rendements stables, à long terme.

Trois changements à la Caisse

Pour investir de façon constructive, nous avons dû faire trois changements.

D’abord, investir partout dans le monde.

Il y a 10 ans, la Caisse avait 62 milliards de dollars à l’extérieur du Canada. Aujourd’hui, c’est près de 220 milliards.

Nous avons bâti l’expertise pour comprendre en profondeur les marchés internationaux. Nous avons construit un réseau de partenaires locaux de confiance, experts dans des domaines prometteurs.

Le résultat ? Nous avons eu accès à plus d’occasions d’investissement de qualité.

Des investissements constructifs dans l’économie réelle. Et dans les infrastructures. Dans ce qui contribue à développer des pays – à améliorer la vie des gens.

Deuxièmement, pour investir de façon constructive, il fallait s’attaquer aux changements climatiques.

Plusieurs investisseurs continuent de voir les changements climatiques comme une contrainte aux rendements. Nous ne sommes pas d’accord.

La Caisse est l’un des plus grands investisseurs nord-américains en énergie éolienne. Nous investissons dans le solaire en Inde. Et nous réalisons des rendements enviables. À Toronto, Chicago, Houston et Paris, nous bâtissons une nouvelle génération d’édifices plus écologiques – et profitables.

Et nous réduisons nos investissements dans le pétrole.

Notre engagement envers le climat fait maintenant partie de notre ADN. Pendant des décennies, nous avons cherché le bon équilibre rendement-risque. Aujourd’hui, nous cherchons le bon équilibre rendement-risque-carbone.

Par rapport à 2017, nous allons diminuer l’intensité carbone de notre portefeuille de 25 % d’ici 2025.

Nous allons augmenter nos actifs sobres en carbone de plus de 80 % d’ici la fin de 2020 – pour dépasser 35 milliards de dollars d’actifs propres en portefeuille.

Troisièmement et finalement : pour investir de façon constructive, nous avons dû fondamentalement changer notre façon d’investir au Québec.

L’économie du Québec se transforme. Chaque jour, elle se rapproche d’une nouvelle dynamique qui a pour moteurs la technologie et la volonté de gagner sur la scène mondiale. Les sociétés qui étaient dans le peloton de tête de l’économie traditionnelle sont en train de faire place à une nouvelle génération d’entreprises et de leaders. La Caisse est profondément engagée dans cette transition. Avec, par exemple, des investissements dans CGI, AddÉnergie et Lightspeed, la première licorne québécoise.

Au cours des cinq dernières années, les entreprises québécoises dans notre portefeuille ont complété plus de 200 acquisitions hors Québec, représentant environ 27 milliards. Ce qui augmente leur capacité de compétitionner à l’échelle mondiale et de réaliser leur plein potentiel.

Ici, à Montréal, le REM est une expression de la Caisse aujourd’hui. C’est du capital constructif en action – un investissement dans notre économie réelle, dans la croissance économique et dans notre avenir collectif.

Un projet carboneutre qui améliore la qualité de vie de millions de personnes.

Un projet qui va servir, pour des décennies, de source de rendements fiables pour la Caisse – et pour les Québécoises et les Québécois.

À la Caisse, nous ne sommes pas concentrés sur le prochain trimestre, mais sur la prochaine génération. Nous bâtissons une institution qui est aussi dynamique et innovante que le Québec que nous servons.

À la Caisse, nous démontrons qu’une caisse de retraite peut bâtir des choses utiles – et générer de bons rendements. Réduire les émissions carbone – et générer de bons rendements. Améliorer la vie quotidienne de gens – et générer de bons rendements. Investir de façon constructive – et générer de bons rendements.

Nous sommes une communauté de huit millions de personnes, une petite population dans un vaste monde. Ensemble, nous avons créé et fait grandir une caisse de retraite qui gère aujourd’hui plus de 330 milliards. Une caisse de retraite reconnue et respectée à travers le monde. Pas seulement pour ses rendements – mais parce qu’elle fait une différence.

Quand la Caisse a été créée, Jean Lesage a dit : «  […] nous sommes déjà en marche vers une nouvelle étape. » Plus de 50 ans plus tard, nous continuons d’avancer. Nous répondons bien à cette époque de changements. Nous mettons du capital constructif au travail.

Aux Québécoises et aux Québécois, je veux dire qu’ils peuvent regarder la Caisse avec confiance, avec fierté. Soyez fiers de ses réalisations. De son succès. Et de son avenir.