Ce qui n’est pas de la science-fiction — pour reprendre le titre de l’éditorial de Laura-Julie Perreault de mardi —, c’est qu’aucun parti indépendantiste ne prendra le pouvoir sans une très large et fonctionnelle réunification des forces indépendantistes.

Martin Houde Martin Houde
Montréal

Par fonctionnelle, je veux dire qu’il ne peut s’agir d’un regroupement seulement au niveau de la société civile, comme en appelle la tout aussi évanescente Catherine Fournier dont l’ambition est évidente, mais débouche, de son propre aveu d’ailleurs, sur un cul-de-sac. Il doit en effet s’agir d’un parti politique qui rassemblera tous les indépendantistes et qui pourra être élu pour arrêter de tourner en rond comme le fait le mouvement souverainiste depuis 50 ans.

Mais quel parti pourra réussir cette intégration ? Aucun parti existant, évidemment.

Cependant, il y a un élément important que j’aimerais faire ressortir dans le débat : faire un pays et gouverner un pays sont deux activités différentes qui demandent des connaissances, des aptitudes et des démarches différentes.

Grâce au consensus qui existe au Québec sur les grands principes qui doivent encadrer la vie et la gouvernance d’un pays comme la démocratie, les droits, libertés et obligations à inclure les documents constitutifs, etc., la mutation de la province en un pays souverain pourrait facilement être un acte distinctif, dissocié de sa gouvernance.

Un parti d’union indépendantiste pourrait être créé à cette fin, ni à gauche ni à droite, sans programme électoral de gouvernance source de discorde, mais uniquement concentré sur l’indépendance, dissous une fois le Québec devenu un pays et ensuite gouverné par les partis actuels vers lesquels seraient retournés les membres du parti temporaire mis en place pour atteindre l’objectif commun d’indépendance.

Ce scénario peut paraître lui aussi un peu « science-fiction », mais il l’est moins qu’il ne peut y paraître à première vue.

J’y réfléchis avec d’autres depuis quelque temps et on se rend compte que chaque question trouve des réponses et que, loin de se retrouver dans le cul-de-sac de la division du vote indépendantiste, cette solution est actuellement la plus réaliste, plausible et gagnante.