Le 16 novembre, au congrès scientifique de l’American Heart Association, le DJean-Claude Tardif, cardiologue, directeur du Centre de recherche de l’Institut de cardiologie de Montréal et professeur de médecine à l’Université de Montréal, a dévoilé les résultats d’une étude révolutionnaire qui changera la vie de millions de personnes.

Alain Gignac et Mélanie La Couture
Respectivement PDG de la Fondation de l’Institut de cardiologie de Montréal, et PDG de l’Institut de cardiologie de Montréal

Son étude clinique COLCOT (COLchicine Cardiovascular Outcomes Trial), dont les résultats ont été publiés dans le prestigieux New England Journal of Medicine, s’est intéressée à la prévention d’événements cardiovasculaires ischémiques, des événements qui sont causés par une diminution ou un arrêt de la circulation sanguine dans une région du cœur, chez les patients ayant récemment subi une crise cardiaque. Elle a comparé la colchicine, un médicament anti-inflammatoire bien connu administré par voie orale, à un placebo, en complément au traitement standard. Plus de 4745 patients provenant de 12 pays ont pris part à l’étude qui s’est déroulée sur un peu plus de trois ans et demi.

Dans l’étude, la colchicine, à une dose de 0,5 mg administrée quotidiennement, a réduit notablement le risque d’un premier événement cardiovasculaire ischémique de 23 %, et des événements cardiovasculaires ischémiques totaux (premiers et récurrents) de 34 %.

Ces données soulignent le potentiel de ce médicament comme traitement efficace pour réduire l’inflammation suivant une crise cardiaque.

L’étude démontre qu’il est possible d’innover en redéfinissant l’usage d’un vieux médicament : il est maintenant clair que la colchicine, qui était déjà indiquée dans le traitement de la goutte, de la fièvre méditerranéenne familiale et de la péricardite, présente un potentiel extraordinaire pour la médecine cardiovasculaire.

Nous pouvons être fiers de cet incroyable accomplissement. Cette percée médicale s’est faite chez nous, à Montréal.

Cette découverte présente de formidables occasions pour le traitement et la prévention des maladies cardiovasculaires, et ce, à faible coût. Ce médicament permettra de réduire le nombre d’hospitalisations et d’améliorer la qualité de vie des patients, et sera accessible à un grand nombre d’individus.

Une fierté commune qui rassemble

Cet exploit scientifique exceptionnel résulte d’efforts collectifs. La recherche au Québec est tributaire de généreux philanthropes qui contribuent à notre société en investissant dans nos institutions. C’est notamment grâce à nos donateurs que nous avons la chance d’avoir à Montréal l’un des trois meilleurs centres de cardiologie au monde, qui peut attirer et retenir les plus grands chercheurs. Cette générosité et cette implication leur permettent de découvrir des solutions médicales, et de changer la vie de centaines de milliers de personnes.

Leurs dons changent le monde. Dans une société où les défis en santé sont criants, la philanthropie représente une formidable démonstration de solidarité. Elle est aussi plus que jamais nécessaire.

Les résultats de cette étude le prouvent. Les dons et contributions reçus nous permettent d’avoir entre les mains, ici à Montréal, un médicament ayant le pouvoir de changer la cardiologie. Rappelons-le, les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité au monde.

Nous pouvons nous enorgueillir des découvertes et des projets novateurs de l’Institut. Soyons fiers de son succès et de sa renommée internationale. Mais nous ne devons pas nous arrêter ici, car les défis de santé sont nombreux et les possibilités de nos découvertes sont importantes. Cette étude sur la colchicine a le potentiel de multiplier ses utilisations possibles – par exemple pour le diabète qui touche plus de 880 000 personnes au Québec –, et l’Institut de cardiologie de Montréal a besoin de votre appui.

Ensemble, nous pouvons faire de grandes choses. Continuons de faire rayonner Montréal, le Québec et le Canada grâce à nos plus grands talents. Continuons d’avancer en offrant aux chercheurs de l’Institut les moyens d’atteindre les plus hauts standards en cardiologie, et d’exceller en recherche, en soins, en enseignement et en prévention.

Il en va de notre santé à tous.