La Presse a publié une série de textes sur les erreurs médicales qui se sont produites au cours des années dans les salles d’opération ou à d’autres endroits dans le réseau de la santé. Des histoires tragiques qui ont eu de lourdes conséquences.

Benoit Gareau Benoit Gareau
Administrateur et ancien président du Groupe Espace Santé

Le coroner a soumis des recommandations sur plusieurs de ces événements, que des associations professionnelles telles que la Fédération des médecins spécialistes du Québec ont reprises et examinées dans un rapport. À partir des recommandations, des formations ont été offertes à plusieurs professionnels.

Mais des erreurs, il y en a eu et il y en a encore. La question est comment les prévenir, apprendre de celles-ci et s’améliorer continuellement.

Et c’est ce que la majorité des organisations de santé tentent de faire en supervisant les pratiques, en accréditant des établissements et en développant des formations et des programmes d’amélioration continue.

En 2009, l’Hôpital juif de Montréal est devenu le premier hôpital québécois à se joindre au Programme national d’amélioration de la qualité chirurgicale (PNAQC) du Collège américain des chirurgiens. Et la même année, l’hôpital a implanté le programme de listes de contrôle de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le PNAQC est un programme conçu pour améliorer la qualité des soins chirurgicaux. Le programme demande aux hôpitaux de collecter des données sur des opérations jusqu’à 30 jours postopératoires. Cela permet de colliger, mesurer et comparer des données standardisées sur les soins chirurgicaux, les taux de complications et les résultats des interventions chirurgicales avec d’autres établissements.

Le programme donne aux chirurgiens et aux équipes un aperçu de résultats spécifiques à leurs pratiques, ce qui leur permet de comparer leurs performances avec celles des autres hôpitaux.

On note une nette amélioration de la qualité des soins chirurgicaux, une réduction de la mortalité, une réduction de la morbidité, des taux de complications moins élevés et des réadmissions moins fréquentes chez les hôpitaux qui ont adopté ce programme, parce qu’il y a entre autres conscientisation de l’importance d’améliorer les processus et échange avec les pairs sur les meilleures pratiques.

Listes de contrôle

Les listes de contrôle, quant à elles, s’apparentent à ce qu’utilisent les pilotes d’avion. L’équipe doit suivre chaque élément de la liste afin d’éviter les erreurs et d’augmenter l’efficacité.

En 2008, l’OMS a publié des recommandations sous forme de listes de contrôle pour améliorer la sécurité des patients lors de procédures chirurgicales. On voulait changer la culture et ainsi diminuer la mortalité et les complications postopératoires.

On veut, avec les listes de contrôle, encourager les équipes à discuter de plan chirurgical, développer une meilleure communication sur le plan de gestion avant, pendant et après l’opération pour améliorer la qualité des soins chirurgicaux et la sécurité.

Dans une étude publiée dans Annals of Surgery d’août 2017, il est rapporté que les hôpitaux de Caroline du Sud qui ont implanté les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé avaient une réduction de 22 % de la mortalité postchirurgicale.

Les listes de contrôle ont pour but d’aider lorsque notre mémoire fait défaut et lorsque des situations non prévues se produisent. La performance est améliorée par des routines de travail mieux encadrées. Des routines qui vont diminuer les erreurs médicales et aider à la prise de décisions lors d’interventions chirurgicales.

Avec les listes de contrôle, l’objectif est de diminuer les risques de complications, les infections et la mortalité à la suite des opérations.

Le PNAQC et les listes de contrôle ne datent pas d’hier, mais ils ont un impact réel sur la qualité des services et la sécurité des patients. Avec ces programmes, il y a une volonté d’amélioration continue pour prévenir les erreurs médicales.

Plusieurs hôpitaux au Québec, au Canada et un peu partout dans le monde utilisent ces programmes pour améliorer les soins chirurgicaux. Les établissements sont conscients qu’il y a un effort d’amélioration continue à faire et qu’une vérification de l’atteinte de standards de qualité est essentielle pour être performant.

On peut supposer que d’autres programmes pourront donner de meilleurs résultats, mais de les avoir implantés est un geste responsable et bienveillant.

Il faut rester à l’affût des meilleures pratiques, des programmes d’amélioration continue, des nouvelles technologies et des avancées en intelligence artificielle, parce que c’est de cette façon qu’on réussira à prévenir le plus possible les erreurs médicales.