Les élections approchent à grands pas. Les partis politiques sont engagés dans une telle course aux promesses et aux engagements qu’il est difficile de s’y retrouver.

Claude Castonguay Claude Castonguay
Collaboration spéciale

Il faut dire que nous avons vécu, au cours des 10 dernières années, une remarquable période de prospérité. Plusieurs agissent comme s’il n’était plus nécessaire de prévoir d’inévitables jours plus difficiles. Les partis politiques, au lieu de faire preuve d’une certaine sagesse, alimentent cette façon de voir en multipliant les promesses à coup de milliards.

Sur la question des changements climatiques qui préoccupe avec raison de plus en plus les gens, les libéraux et les conservateurs poursuivent le même objectif sous des maquillages différents. De telle sorte qu’aucun enjeu d’importance ne se dégage du brouhaha en cours. Aussi, malgré le stade avancé de la campagne, nombreux sont ceux qui continuent de se demander comment ils voteront le 21 octobre.

Selon les sondages qui sont plutôt stables, les deux grands partis sont incapables de se démarquer l’un de l’autre. Du côté des libéraux, les quatre dernières années ont montré que Justin Trudeau n’a pas les attributs nécessaires ni la profondeur de pensée pour assumer la difficile fonction de premier ministre du Canada, un pays aux prises avec de profondes fractures. Malheureusement pour lui et ses troupes, il a perdu sa crédibilité. L’on doit par contre reconnaître qu’il est un bon et plutôt sympathique communicateur.

La situation n’est pas plus encourageante lorsque l’on se tourne vers Andrew Scheer, le chef des conservateurs. Des idées et des prises de position plutôt dérangeantes se dégagent de son passé. Il en est de même de certains de ses alliés dont le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, qui a la finesse d’un Donald Trump, ce génie destructeur. Bien qu’il ait été chef de l’opposition pendant un certain temps, il demeure difficile de savoir vraiment qui est Scheer et ce qu’il pense. À tel point qu’il n’a pas réussi à s’imposer auprès des électeurs et même, semble-t-il, auprès de ses troupes, particulièrement au Québec.

PHOTO COLE BURSTON, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Des partisans du Parti vert du Canada marchent dans Church Street, à Toronto.

Alors que l’on aurait pu s’attendre à des positions divergentes de la part des deux chefs sur la question des changements climatiques, compte tenu des engagements de Justin Trudeau lors de la signature de l’accord de Paris, ils sont engagés dans des voies similaires sous des emballages différents. Soit tripler la production et l’exportation hautement polluante du pétrole issu des sables bitumineux tout en prétendant pouvoir en même temps réduire les gaz à effet de serre et atteindre les objectifs fixés. Pour eux, l’utilisation accrue du pétrole à l’extérieur du pays n’ajouterait pas à la production globale de CO2 !

Cela signifie que les deux grands partis politiques ne présentent aucun choix digne de ce nom sur la question hautement prioritaire du réchauffement de l’atmosphère de la planète.

C’est vraiment incroyable lorsque l’on songe aux catastrophes de plus en plus fréquentes et dévastatrices dont nous sommes témoins. Et ce n’est qu’un début, selon les plus récentes analyses et études. La fonte rapide des glaciers, la hausse des océans et la fonte du pergélisol pourraient pousser la hausse de la température bien au-delà de la cible de 2 %.

Pour un motif du même ordre, le Bloc québécois comme porteur du message ne ferait pas sérieux à cet égard. Son chef, Yves-François Blanchet, a perdu sa crédibilité sur la réduction des gaz à effet de serre en ne s’opposant pas à la hautement polluante cimenterie McInnis en tant que ministre de l’Environnement dans le gouvernement Marois.

Écouter les jeunes

Les jeunes sont lucides. Ce sont eux qui, si le monde ne change pas le cap, vont subir les terribles effets du réchauffement de la planète. Ils ont compris qu’à tous les niveaux, du simple citoyen jusqu’aux grandes entreprises et à tous les niveaux de gouvernements il y a urgence de changer les façons de vivre et de faire.

Nous devons écouter leurs voix et nous joindre à eux. Une occasion bien spéciale de le faire nous sera donnée le 21 octobre prochain.

En votant pour le Parti vert, nous pourrons communiquer clairement à nos dirigeants que la question climatique nous préoccupe au plus haut point. Afin qu’il n’y ait pas d’équivoque, le but d’un vote vert n’est pas de faire élire des députés et de faire la lutte aux grands partis. Si tel était le cas, il faudrait alors prendre en considération tout le programme du Parti vert qui, dans l’ensemble, tient du délire.

Le seul et unique but d’un vote vert consiste à convaincre les gouvernements et les partis politiques de cesser de tergiverser et de prendre des engagements clairs et fermes.