Alors que s’amorçait la campagne électorale fédérale, un enjeu s’est furtivement introduit dans cette dernière : le droit à l’avortement.

Émilie Théroux Émilie Théroux
Co-coordonnatrice du Collectif pour le libre choix

Étonnement, dans chaque campagne électorale, des candidats réussissent à ramener sur la place publique un enjeu pourtant réglé depuis plus d’un quart de siècle. Mais à quand la fin des attaques contre les droits des femmes ?

À la suite du visionnement de publicités ou de débats électoraux, une chose s’est mise à me trotter dans la tête : comment est-ce possible d’avoir à débattre du libre choix des femmes dans les discours électoraux pour séduire les électeurs et les électrices ? Le droit à l’avortement est un enjeu réglé depuis l’arrêt Morgentaler en 1988 et réaffirmé, entre autres, avec l’affaire Tremblay c. Daigle à l’été 1989.

Mes questions aujourd’hui sont les suivantes : pourquoi marchander le corps des femmes en échange de votes dans l’isoloir le jour des élections ? Croyez-vous que dans un avenir rapproché, le droit à l’avortement ne sera plus un enjeu de campagne électorale ou je rêve en couleurs ? Devons-nous avoir peur de perdre nos droits tous les quatre ans ?

Tellement d’enjeux touchant les femmes devraient être débattus et être discutés comme de véritables enjeux de campagne électorale. Pourtant, on continue de demander aux chefs chaque semaine s’ils appuieront ou non un projet de loi pour restreindre l’avortement, on continue de questionner les chefs sur leur position personnelle par rapport à l’avortement. 

Pourquoi aucun média ne demande à ces politiciens de s’engager afin de rendre tous les services de planification familiale véritablement accessibles à toutes les femmes, et ce, partout au Canada ? L’avortement est un soin de santé qui devrait être universel. C’est un choix personnel et ce n’est en aucun cas acceptable pour nos politiciens de favoriser leurs intérêts politiques en marchandant le corps des femmes.

Je ne pourrais utiliser de meilleures paroles que celles de Simone de Beauvoir : « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. »

Pro-choix pour la vie !