Un nouveau pont et une ligne rose à Montréal, un tramway et un tunnel à Québec : les grands projets et les milliards ne manquent pas en transports dans la Belle Province. Et maintenant, on annonce que la route 117 sera réaménagée… à Rouyn-Noranda ! Mais pourquoi pas entre Labelle et Mont-Laurier ? Trente-trois décès depuis 2010 et 37 accidents graves pour la même période, ce n’est pas assez ? Des difficultés d’accès à la région qui affectent son développement économique et nuisent à l’attrait touristique du secteur, cela devrait déjà être entièrement suffisant pour justifier une action gouvernementale immédiate.

Pierre Flamand et Frédéric Houle
Respectivement président du Comité SOS 117, et directeur général du CLD d’Antoine-Labelle

Comprenons-nous bien : nous ne remettons pas en doute la pertinence des projets annoncés en transports au Québec dans les derniers mois. Seulement, nous ne pouvons pas accepter que ceux-ci filent sur la voie rapide tandis que nous les observons de l’accotement.

Le bilan de la route 117 est désastreux. Le tronçon le plus dangereux se situe indiscutablement entre Labelle et Mont-Laurier.

Toutefois, cette route demeure inévitable puisqu’elle représente le seul lien routier direct qui relie le sud du Québec à l’Abitibi-Témiscamingue. Ce lien s’avère également le plus rapide pour se rendre dans l’Ouest canadien. Le passage est donc obligatoire, et jusqu’à 16 900 véhicules peuvent circuler quotidiennement sur cette route, contribuant ainsi au risque de voir un accident s’y produire, et, le cas échéant, d’affecter non seulement la vie des victimes et de leur famille, mais également de freiner l’accès des marchandises et des touristes aux régions avoisinantes. La route 117 constitue donc une double menace, en ce sens qu’elle place à risque la sécurité des citoyens, mais également l’économie de la région.

Une priorité qui tarde

Au fil des ans, de nombreux intervenants se sont fait entendre pour dénoncer les dangers et les problèmes engendrés par la route 117. Chantale Jeannotte, députée de Labelle, s’est d’ailleurs engagée à faire de cette route une priorité, et travaille en ce sens depuis son élection en octobre 2018. Malgré cela, ce dossier a longtemps tardé à être mis au cœur des priorités gouvernementales. Pourtant, les annonces récentes ne font que confirmer qu’avec l’assentiment du politique, les projets ne tardent pas à se réaliser…

Lors de la dernière campagne électorale, le premier ministre du Québec s’était engagé en faveur d’un réaménagement de la section la plus dangereuse et de l’ajout de voies de dépassement sur l’ensemble de la route 117.

Le candidat pour la Coalition avenir Québec pour l’Abitibi-Est et futur ministre, Pierre Dufour, avait d’ailleurs affirmé que la route 117 représentait un enjeu prioritaire pour sa formation politique. Nous ne demandons qu’à en avoir la preuve.

Dans l’intervalle, nous ne pouvons que réitérer l’extrême prudence qui est requise lors des déplacements sur la route 117 et la courtoisie qui doit être pratiquée, particulièrement envers les véhicules lourds, dont la vision est bien souvent obstruée. Si nous avons espoir de voir les prochaines étapes du projet de réaménagement de la route 117 annoncées sous peu, nous n’en demeurons pas moins impatients de voir les démarches se concrétiser.

Au cours des derniers mois, le gouvernement nous a prouvé que lorsqu’il est animé par la volonté politique, des bonds de géant peuvent être faits dans la priorisation des travaux. À quand cette détermination pour la sécurité de nos concitoyens ?