En 2010, j’ai participé avec ma fille, qui avait 6 ans à l’époque, au défilé de la Fierté gaie. Je voulais lui donner un cours d’initiation à l’acceptation de la différence.

Francine Laplante et Rose-Emanuelle Viau
Laval

À l’époque, je me souviens d’avoir été choquée du spectacle qui avait été donné. J’avais même écrit une lettre d’opinion très peu flatteuse à l’égard de la communauté dans cette section, remettant en doute leur façon de s’exprimer pour se faire accepter.

Neuf ans se sont écoulés depuis. Dimanche, j’ai participé avec ma fille de 15 ans au défilé et vous savez quoi ? Nous avons eu des frissons tout le long du parcours. Ma fille et moi avons dansé, applaudi, chanté et fraternisé avec tous les gens présents. Que de chemin parcouru pour nous au cours de ces années ! Je l’avoue, j’ai fait partie des gens qui jugent, qui regardent de haut, qui se croient tout permis, car j’étais « normale », lire ici « hétérosexuelle ». Honte à moi et à l’éducation que j’ai donnée à ce moment-là à mes enfants !

Aujourd’hui, je vous ai vus défiler et afficher votre différence, et j’ai senti les gigantesques cicatrices sur vos corps et vos âmes.

Aujourd’hui, j’ai senti l’énergie contagieuse des combattants, ceux qui ne lâchent jamais et qui s’acharnent à vouloir faire reconnaître leurs droits, car ils ont du respect pour eux-mêmes, et ce, peu importe le prix à payer.

Aujourd’hui, je voudrais m’excuser auprès de vous, gens de la communauté, d’avoir été aussi ignorante. Vous êtes pas mal plus grands et vous méritez beaucoup plus de respect que la très grande majorité de la société qui accepte les injustices à leur égard sans se défendre.

Je suis la preuve vivante que vos combats ne sont pas vains. Vous m’avez fait grandir !

J’ai appris que pour vivre en paix dans une société égalitaire, il ne faut que trois mots : inclusion, éducation et amour.