Il est minuit. Je reçois un appel. C’est l’une de mes meilleures amies qui, sanglotant, me raconte qu’elle vient de se faire installer un stérilet et que cela lui a coûté près de 400 $.

Mathilde Godde Mathilde Godde
Étudiante du baccalauréat international en sciences humaines au cégep André-Laurendeau

Elle pleure parce qu’elle se rend compte de l’injustice de sa situation. Elle est étudiante et sa paie pour les deux prochaines semaines vient d’y passer. Les coûts de ce moyen de contraception ne sont pas pris en charge par son assurance. Ni les coûts d’aucun autre, d’ailleurs.

Pourquoi est-ce à elle d’assumer cette si lourde responsabilité ? Parce qu’elle est une femme ? Parce qu’elle assume sa sexualité ? Ou parce qu’elle a décidé de veiller sur sa santé ? Peut-être bien pour tout cela.

Et c’est l’essence de ce que je dénonce ici. Nous vivons dans un pays qui prône l’égalité entre les sexes ; pourtant, avez-vous déjà entendu parler d’un jeune garçon torturé parce que l’intégralité de sa paie est passée dans un moyen de contraception ?

Une femme ne devrait pas avoir à assumer les coûts d’un moyen de contraception simplement parce qu’elle est une femme. Voyez-vous, la situation de l’amie dont je vous parle, bien que fondamentalement injuste, relève du scénario idéal : en effet, toutes les femmes n’ont pas les moyens d’investir quelque somme d’argent que ce soit dans la contraception. Cela est vrai dans notre pays, et cela est vrai dans le monde entier.

Le Canada doit donner l’exemple

Cela dit, je crois pouvoir affirmer que le Canada, par rapport à bien d’autres pays, a les ressources financières et systémiques qui permettraient d’abolir les coûts de la contraception pour toutes les femmes, ou du moins de les réduire largement.

Il s’agit ici de donner l’exemple dans cette lutte pour l’égalité dans un monde où la surpopulation est l’un des plus grands défis auxquels nous faisons face, et où une plus grande démocratisation de la contraception apparaît comme une solution évidente. 

Il s’agit d’être les précurseurs d’un mouvement planétaire visant non seulement à faire avancer les droits des femmes, mais aussi à lutter contre l’un des grands défis du XXIe siècle.

Il paraît alors évident que notre gouvernement devrait agir en ce sens. Et que nous, femmes et hommes, devons l’encourager et exercer notre pouvoir citoyen pour plus d’égalité et pour un avenir meilleur. Donnons l’exemple et participons au changement.