Cette lettre s’adresse à la ministre de la Santé, Danielle McCann.

Lise Labelle Lise Labelle
Laval

Madame la Ministre, je suis une citoyenne de 76 ans retraitée de l’enseignement. Je participe à la vie citoyenne et à la vie politique de mon pays.

J’ai vu le Québec faire des avancées formidables dans divers domaines, surtout dans le domaine de la santé, mais je l’ai aussi vu reculer dans ce même domaine entre avril 2014 et octobre 2018.

J’ai vu un ministre très centralisateur et non respectueux des travailleuses et des travailleurs du milieu de la santé, hormis les médecins de toutes catégories. Le résultat se fait sentir maintenant, alors que des médecins sont prêts à opérer des patients, mais ne peuvent le faire, car il y a un manque d’infirmières et de perfusionnistes.

Si je fais appel à vous, aujourd’hui, c’est parce que j’accompagne mon mari de 84 ans qui attend depuis plus d’un an une opération à la colonne vertébrale qui devrait améliorer sa qualité de vie.

Mon mari a signé son consentement le 16 juillet 2018. Nous avons revu son orthopédiste le 10 juin dernier ; il a demandé une nouvelle imagerie par résonance magnétique (IRM).

Nous sommes allés faire cet examen au privé afin d’accélérer les choses. Coût : 685 $, mais cela ne nous importait guère, car nous voulions que l’intervention se fasse cet été. Un an d’attente, c’est quand même beaucoup. Nous revoyons l’orthopédiste le 20 juin, lui apportons le résultat de l’IRM, et il affirme que mon mari sera appelé en juillet pour les tests préopératoires et que l’intervention aura lieu en août ou en septembre.

La semaine dernière, un appel au CHUM m’a appris que toutes les dates d’opération pour cet été sont déjà attribuées et que l’on n’arrive pas à placer les patients de l’orthopédiste en question, car il ne dispose que de trois ou quatre jours de salle d’opération par mois. S’il ne dispose que de ces trois ou quatre jours, c’est parce que certaines salles sont fermées à cause d’un manque de personnel.

Est-ce acceptable qu’un si bel hôpital et des équipements tout neufs et dernier cri ne servent pas 100 % du temps le travail des spécialistes ? 

En 2017, mon mari a subi une première intervention pratiquée par le même orthopédiste. Il a signé son consentement le 9 février et a été opéré le 6 juillet.

Entre-temps, l’orthopédie a déménagé au CHUM et tout est au ralenti avec des temps d’attente inacceptables pour un système de santé que l’on dit universel, gratuit et accessible.

Je n’ignore pas que vous avez hérité d’un ministère où il fallait rétablir la confiance entre les divers intervenants et où il manque de personnel un peu partout, car des gens désabusés par de mauvaises conditions de travail ont démissionné de leur poste au cours des dernières années. Mais je vous demande d’apporter une attention particulière au CHUM afin de résoudre le problème de manque de personnel pour faire fonctionner toutes les salles d’opération de cet établissement.