L’Association québécoise de l’industrie du cannabis (AQIC) a pour mission de représenter les entreprises du Québec qui sont encadrées par la Loi sur le cannabis ou qui s’y préparent. Si les changements que provoque la légalisation du cannabis au pays sollicitent une adaptation importante des instances gouvernementales, l’AQIC, forte de sa connaissance du marché, souhaite participer activement et de manière constructive à cette réflexion collective. Le contrôle rigoureux de la qualité des produits, qui contribue à la réduction des méfaits de la consommation de cannabis et dont les profits de la vente sont redirigés vers une économie licite, est au cœur des priorités de l’industrie.

Michel Timperio 
Président du conseil d’administration de l’Association québécoise de l’industrie du cannabis 

Si nous reconnaissons la grande importance des décisions qui seront prises quant à l’encadrement du cannabis, nous n’admettons pas le bien-fondé de la possible hausse de l’âge légal de consommation de 18 ans à 21 ans proposée par le gouvernement. Nous sommes d’avis que cette mesure entraînera des risques importants pour l’industrie québécoise, en compromettant le passage souhaité d’une industrie illicite vers une industrie légale et bien encadrée, dont le but était, il est important de le rappeler, de protéger la santé des consommateurs et leur sécurité. En tant qu’industrie, nous soutenons ces visées.

Le Québec voudrait aujourd’hui interdire l’accès légal au cannabis aux jeunes adultes. En faisant cela, l’État invite indirectement ces jeunes adultes à se tourner vers le crime organisé, milieu clandestin qui n’a aucun intérêt pour la santé et la sécurité du public. Cette approche favorise le crime organisé au détriment de tous les efforts mis en place par l’ensemble des travailleurs de ce nouveau secteur, qui crée d’ailleurs nombre d’emplois de qualité dans les différentes régions du Québec. Pire qu’un faux départ, c’est en fait un retour en arrière.

Le risque est grand pour les producteurs et transformateurs licites de faire compétition à une industrie où la loi et les règles imposées n’ont pas voix au chapitre.

Non seulement ce modèle économique à deux vitesses est-il moins viable pour notre industrie, mais encore encourage-t-il la continuité d’un lien « dealer-client » que la légalisation souhaitait voir réduire pour des raisons évidentes.

Rares sont les revendeurs qui ne permettent pas un accès à un ensemble de substances et à une pharmacologie artisanale qui occasionne des enjeux graves de santé publique.

Cette légalisation, souhaitée par une majorité de Canadiens, permet en effet un accès plus sécuritaire au cannabis, de même qu’un encadrement visant un meilleur produit pour la santé par des contrôles rigoureux. À ce titre, l’Institut national de santé publique du Québec soulignait récemment les effets potentiellement néfastes de la hausse de l’âge légal de consommation du cannabis sur la santé des jeunes adultes en s’opposant, en commission parlementaire, à la proposition du gouvernement de faire passer cet âge à 21 ans.

Cette hausse constituerait également, selon nous, une bonne nouvelle pour le crime organisé, qui aurait les coudées franches pour poursuivre son commerce auprès d’une population à risque.