Les coutumes changent, les valeurs restent

« Les grands rassemblements familiaux se font plus rares,... (Photo archives La Presse)

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« Les grands rassemblements familiaux se font plus rares, explique Mélanie Dugré, mais j'éprouve autant de bonheur dans les réunions plus modestes. »

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Mélanie Dugré

Avocate, l'auteure collabore régulièrement aux pages Débats.

Je chéris de tendres et beaux souvenirs des temps des Fêtes de mon enfance; des souvenirs remplis d'images d'étreintes chaleureuses, de chants de Noël et d'odeurs de tourtières et de ragoût de pattes de cochon qui parfument la petite cuisine surchauffée de mes grands-parents maternels, dans le brouillard de la fumée de cigarette des convives.

Je me rappelle de ces soirées passées dans le sous-sol de cette maison avec mes 15 cousins et cousines, à jouer à la cachette et à s'improviser des trampolines sur les lits des chambres, au grand désespoir de mon arrière grand-mère, PDG de cette maisonnée qui nous criait, du haut de l'escalier, de nous calmer, redoublant ainsi nos cris et débordements.

Surtout, il y a le souvenir de mon grand-père Roland, patriarche de la famille qui, le soir de Noël, droit comme chêne, entonnait le Minuit Chrétien de sa voix de ténor qui faisait trembler la maison et mouiller les yeux. C'est encore lui qui, le Premier de l'an, nous faisait agenouiller pour nous donner la bénédiction paternelle en nous offrant à tous un précieux dollar que nous attendions avec impatience.

Vingt-cinq ans plus tard, ces souvenirs sont toujours aussi vivants, mais je constate combien les coutumes ont changé. Mon grand-papa, port d'attache pour ses enfants et petits-enfants, nous a quittés il y a huit ans et tous ont emprunté des chemins différents. Les grands rassemblements familiaux se font plus rares, mais j'éprouve autant de bonheur dans les réunions plus modestes, profitant du plaisir de me retrouver à Shawinigan dans la maison familiale où j'ai grandi, devant un feu de foyer et mes parents qui jouent avec mes enfants, savourant la joie d'être ensemble.

Entre amis

Le Nouvel An se célèbre désormais sous le signe de l'amitié, avec tous ces amis qui représentent notre deuxième famille, qui partagent des réalités semblables aux nôtres et sans qui notre vie n'aurait pas la même saveur et la même couleur.

Cette année a par ailleurs son petit quelque chose de spécial puisque mon amoureux, papa aimant et dévoué qui décrocherait la lune pour ses enfants, a construit une patinoire dans notre cour arrière. Les travaux ont débuté en novembre, alors qu'avec son ami Sébastien et son beau-père Denis, il a monté les bandes et installé la bâche de polymère qui servirait de cuve. La semaine de grand froid au début du mois de décembre lui a permis d'arroser la surface, à coup de nombreuses soirées passées à prier Dame Nature d'exaucer son voeu de Noël. Ses efforts sont maintenant récompensés puisque depuis quelques jours, la magie opère. Les groupes d'amis défilent, les soupers se succèdent avec parents et enfants qui, des après-midis durant, sous le froid mordant et des soirées sous le ciel étoilé, s'amusent ferme. Le bruit de leurs cris de joie et de leurs patins qui grattent la glace résonne comme une musique à mes oreilles et allume dans mon coeur la même étincelle que les chants de mon grand-papa.

Si je pose parfois un regard nostalgique sur les temps des Fêtes de mon enfance, je constate avec réconfort que les valeurs qui l'habitaient; l'amour, la joie, le partage et la chaleur humaine vibrent toujours avec la même intensité. Et à travers ces moments bénis, je me permets d'espérer que mes enfants, à leur tour, se construisent de tendres et beaux souvenirs des temps des Fêtes de leur enfance qui réchaufferont leur coeur pour la vie.




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