La semaine dernière, j'ai aperçu le sourire de 1 million de dollars sur le visage d'Alex Harvey qui, le bronze au cou, est devenu le premier Canadien à remporter une médaille individuelle aux championnats du monde de ski de fond. C'était quelques jours à peine après les brillantes performances des équipes canadiennes de patinage de vitesse et de ski acrobatique à Sotchi.

Au même moment, mon conjoint, un journaliste sportif passionné de sport amateur qui, depuis plus de 10 ans, accompagne les athlètes québécois dans leurs succès et leurs échecs, passait ses soirées à éplucher, avec rigueur et minutie, des dossiers de candidature en prévision du prochain Gala Sport Québec, dont on parle trop peu. Je l'ai entendu pousser des «oh!» , des «ah!» et des «wow!» admiratifs devant les parcours exceptionnels et les impressionnantes performances des athlètes en nomination.

Et puis, j'ai soudainement pensé qu'on ne cherche pas toujours nos héros au bon endroit. Il suffit de se promener sur les diverses chaînes de télévision et de radio offrant une couverture sportive pour constater la place prédominante qu'occupent les discussions entourant le hockey de la LNH. L'idée n'est pas de faire le procès du hockey professionnel, encore moins celui de la sacro-sainte institution du Canadien de Montréal, dont les succès et les échecs influencent de façon fascinante le biorythme et l'humeur collective des Québécois.

Mais puisque tout est une question d'offre et de demande et qu'on ne peut reprocher aux médias de satisfaire l'appétit des Québécois pour le sport professionnel, j'estime que s'impose une petite réflexion sur nos choix de modèles et sur ce que nous souhaitons célébrer collectivement.

En matière de sport amateur, le Québec, loin de faire piètre figure, pourrait néanmoins faire mieux à au moins deux chapitres. D'abord au niveau du support offert aux diverses fédérations de sport amateur qui, la plupart entassées dans les sombres sous-sols sans fenêtre du Stade olympique, s'emploient à faire des miracles avec des budgets serrés afin d'appuyer les jeunes athlètes et ainsi promouvoir une jeunesse forte, saine, intelligente et dynamique.

Le Québec aurait tout avantage à s'inspirer d'un pays comme l'Australie qui subventionne généreusement le sport amateur et lui accorde une place prioritaire dans ses programmes scolaires. Un meilleur financement favoriserait également l'accès au sport d'élite à des jeunes, par ailleurs fort talentueux, mais dont les parents ne disposent pas des ressources financières nécessaires à la poursuite de leurs aspirations.

Ensuite, nous pourrions certainement bonifier nos efforts au plan de la promotion du sport tout en valorisant et célébrant avec fougue et intensité les performances de nos athlètes québécois de qui on parle si peu à l'extérieur de la période olympique. Ces jeunes sont de magnifiques modèles de persévérance, de courage et de ténacité, susceptibles d'inspirer et encourager leurs pairs à nourrir la foi en leurs rêves et leurs capacités.

À cet égard, la croisade du charismatique Pierre Lavoie mérite certainement d'être saluée et elle devrait devenir l'occasion d'un mouvement collectif destiné à accorder au sport amateur, et à ses athlètes, la place au soleil qu'ils méritent.

Le sport possède des vertus thérapeutiques pour traiter de nombreux maux physiques, mentaux et sociaux. Tâchons de réaliser que nous avons au Québec la matière brute et les artisans de ce puissant remède.